Les Etats-Unis sanctionnent des banques irakiennes et iraniennes liées au contournement des mesures contre Téhéran

Les Etats-Unis ont sanctionné plusieurs banques irakiennes et iraniennes, des sociétés écrans et des réseaux de change accusés d’aider Téhéran à contourner l’embargo. Washington vise le financement de l’appareil militaire iranien et de ses relais régionaux.

Les Etats-Unis sanctionnent des banques irakiennes et iraniennes liées au contournement des mesures contre Téhéran
(c) 1998 Hewlett-Packard Company
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Le Trésor américain a annoncé le 15 octobre de nouvelles sanctions contre des institutions financières irakiennes et iraniennes, des sociétés commerciales et des réseaux de change accusés de servir l’architecture financière extérieure de Téhéran. Sont visés l’International Development Bank en Irak, la Jazireh International Bank, la Chabahar International Bank Overseas, plusieurs sociétés iraniennes, des bureaux de change et le banquier iranien Sayyed Ruhollah Razavi. Washington affirme que ces structures facilitent l’évasion des sanctions, l’accès de l’Iran aux circuits financiers internationaux et le financement de son appareil militaire ainsi que de ses mandataires régionaux.

Le département du Trésor présente cette offensive comme une nouvelle étape de l’opération « Economic Outcast », destinée à isoler les réseaux bancaires formels et informels utilisés par la République islamique. Selon Washington, l’International Development Bank for Investment and Finance, basée à Bagdad, a fourni des services de facilitation financière et un accès au dollar à l’Iran. Le Trésor ajoute que la Jazireh International Bank est affiliée à Bank Mellat, déjà sous sanctions américaines, et que la Chabahar International Bank Overseas est liée à Bank Shahr. Ce dispositif traduit la volonté américaine de frapper non seulement l’Etat iranien, mais aussi les relais régionaux et offshore qui maintiennent ses capacités de transaction malgré l’embargo.

La liste publiée par l’Office of Foreign Assets Control comprend aussi Tejarat Gostar Atlas Parsian Kish Company, Farzanegan Energy Pars Company, Elitesphere Trading Co., Hosseini Parsa Exchange, Najafzadeh Exchange, Jalali Exchange et Bavi and Partners Exchange. Le Banco Internacional de Comercio S.A., à Cuba, figure également dans les désignations annoncées le même jour. L’administration américaine rappelle que ces mesures exposent aussi les acteurs étrangers à un risque de sanctions secondaires s’ils poursuivent des transactions significatives avec les entités visées.

Au-delà de la technique financière, Washington cherche à verrouiller les points d’entrée extérieurs de l’économie iranienne, notamment en Irak, pays où les réseaux bancaires et commerciaux restent un terrain de pénétration pour Téhéran. Il est permis de s’interroger sur les effets politiques de cette stratégie: elle prétend affaiblir l’appareil sécuritaire iranien, mais elle confirme aussi l’usage extraterritorial du dollar et du système financier américain comme instrument de puissance. Pour les Etats placés dans l’orbite de ces sanctions, la souveraineté monétaire reste subordonnée aux décisions de Washington.

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