« Nous savons qu’ils mentent, ils savent qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent, néanmoins ils continuent de mentir. » – Alexandre Soljenitsyne
Le 26 septembre 2022, quatre explosions sous-marines éventraient les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 au large de l'île danoise de Bornholm. En quelques secondes disparaissait l'une des infrastructures énergétiques les plus stratégiques du continent européen, fruit de plusieurs dizaines de milliards d'euros d'investissements reliant directement la Russie à l'Allemagne à travers la mer Baltique. Immédiatement, une grande partie des médias occidentaux désigna implicitement, voire explicitement, la Russie comme responsable. Une accusation pourtant étonnante puisqu'elle revenait à soutenir que Moscou aurait volontairement détruit un outil lui appartenant, destiné à exporter son gaz vers son principal marché et à lui procurer des revenus considérables.
Près de quatre ans plus tard, le parquet fédéral allemand affirme désormais que le sabotage aurait été ordonné par des autorités ukrainiennes. Cette nouvelle version des faits est présentée comme une avancée judiciaire majeure. En réalité, l'analyse sérieuse empêche de prendre cette thèse au sérieux, elle est même... grotesque. Doublement grotesque.
Une hypothèse aux conséquences politiques inavouables
Admettons, pour les besoins du raisonnement, que le parquet allemand ait raison.
Cela signifierait que des autorités ukrainiennes ont volontairement organisé une opération militaire clandestine contre une infrastructure énergétique appartenant en partie à leur principal allié européen. Nord Stream n'était pas un gazoduc russe posé sur le fond de la Baltique. C'était un investissement international auquel participaient plusieurs grands groupes européens. Les partenaires occidentaux avaient engagé près de 4,75 milliards d'euros. L'allemand Wintershall DEA et Uniper figuraient parmi les principaux investisseurs. Le français Engie avait, à lui seul, investi près d'un milliard d'euros.
Autrement dit, Kiev aurait délibérément détruit des actifs allemands, français et européens.
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