Emmanuel Macron a ouvert mardi à Paris un sommet international consacré au nucléaire civil en défendant l’atome comme un facteur d’« indépendance » énergétique. Le président français a estimé que les hydrocarbures pouvaient devenir, dans le contexte géopolitique actuel, un instrument de pression ou de déstabilisation.
Devant des responsables politiques, des institutions internationales et des acteurs de l’industrie réunis pour cette rencontre organisée avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, le chef de l’État a appelé à renforcer les investissements dans la filière nucléaire. Il a notamment exhorté les acteurs financiers à soutenir davantage les projets liés à cette énergie.
Ce positionnement intervient toutefois après plusieurs décisions publiques ayant affaibli certaines perspectives industrielles du nucléaire français. En 2019, le gouvernement a mis fin au projet Astrid, un réacteur expérimental de quatrième génération développé par le Commissariat à l’énergie atomique. Ce programme visait notamment à explorer des technologies capables de mieux valoriser le combustible nucléaire et de réduire les déchets.
Dans le même temps, la filière industrielle française a connu plusieurs restructurations majeures au cours de la dernière décennie. La cession des activités énergie d’Alstom à General Electric, finalisée en 2015 alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Économie, a conduit au transfert à un groupe américain d’actifs industriels stratégiques, notamment dans les turbines utilisées pour les centrales nucléaires.
Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a annoncé un programme de relance du nucléaire civil prévoyant la construction de six réacteurs EPR2, avec la possibilité d’en construire huit supplémentaires. Le coût estimé des six premiers réacteurs est évalué à environ 84 milliards d’euros selon les estimations industrielles.
Il est permis de s’interroger sur l’écart entre les discours actuels sur la souveraineté énergétique et certaines décisions passées ayant contribué à affaiblir les capacités industrielles françaises dans ce secteur stratégique. Le nucléaire civil représente aujourd’hui environ 10 % de la production mondiale d’électricité, avec près de 450 réacteurs en service dans le monde.