« Croyez-moi, l'Allemagne est incapable de faire la guerre. » – David Lloyd George
Pendant des décennies, l’Allemagne a construit sa puissance sur son industrie exportatrice, sa mécanique de précision, son automobile et une forme de retenue géopolitique héritée des catastrophes du XXe siècle dans lesquelles elle a été lourdement impliquée. Ce modèle vacille désormais. L’économie allemande est entrée dans une phase de stagnation prolongée, l’industrie automobile souffre de la concurrence chinoise, d'une transition vers l'électrique complètement manquée, d'un rejet du nucléaire dont elle se mord les doigts, de la hausse des coûts énergétiques liés à son rejets des hydrocarbures russes bon marché depuis l'invasion de l'Ukraine, en particulier le gaz naturel sur lequel a été bâtie sa puissance industrielle, et du ralentissement de la demande mondiale. Volkswagen ferme des sites, les sous-traitants licencient, les géants historiques réduisent leurs marges et des régions entières vivent désormais dans l’angoisse du déclassement industriel.
Dans ce contexte, un autre secteur explose, celui de l’armement et de la défense. Et la bascule s’opère désormais à ciel ouvert, insufflée par les pouvoirs publics.
Le chancelier allemand Friedrich Merz ne cache plus ses ambitions. Il a affirmé vouloir faire de la Bundeswehr « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe ». Une déclaration qui marque une rupture historique majeure pour un pays dont la puissance militaire était jusqu’ici volontairement limitée par son histoire et par une culture stratégique fondée sur la prudence.
Cette réorientation ne relève plus seulement du discours politique, elle restructure déjà l’économie allemande.
Read the full article
Sur Fréquence Populaire, il n’y a pas de mur payant (paywall) : tous nos articles sont accessibles gratuitement.
Nous vous demandons simplement de créer un compte gratuit avec votre adresse e-mail.
Cela nous permet de :
– vous prévenir de nos nouvelles enquêtes, émissions et articles,
– éviter la publicité et tout pistage intrusif,
– mieux comprendre combien de personnes nous lisent réellement.
Contribuer financièrement est facultatif : vous pouvez lire l’article sans payer. Mais si vous le pouvez, votre soutien nous aide à faire vivre un média libre et indépendant.
Créer un compte gratuit