Le dépouillement, long et laborieux, s'est achevé au Pérou. Avec 100 % des bulletins dépouillés, Keiko Fujimori s'impose avec 50,1 % des voix : une maigre avance de seulement 49 641 voix sur un total de 18 397 151 électeurs. Ces élections ont été qualifiées d’irrégulières par le candidat Roberto Sánchez, qui a tenté, de manière légitime mais infructueuse, de contester le vote à l’étranger et de renverser le résultat.
Sur le territoire péruvien, la nouvelle présidente a essuyé des défaites dans 84,5 % des circonscriptions électorales et dans 16 des 24 régions. Bien que ses bastions sur la côte et à Lima aient suffi à lui garantir une victoire à la Pyrrhus, ce tableau assombrit et entrave considérablement sa capacité à gouverner.
Le pouvoir législatif est le reflet de cette fragmentation ; le fujimorisme ne dispose même pas d’une majorité simple. À la Chambre des députés, Fuerza Popular détient 41 des 130 sièges. Même en y ajoutant les 15 sièges du parti d’extrême droite Renovación Popular, ils n’obtiennent pas la majorité absolue, ce qui les obligera à conclure des accords avec des factions plus libérales de l’opposition. En revanche, au Sénat, ces deux forces conservatrices concentrent 50 % des sièges, une proportion suffisante pour bloquer toute initiative parlementaire progressiste et empêcher le renouvellement des pouvoirs de l’État, aujourd’hui sous l’influence fujimoriste. De même, ce bloc protégera la présidente en cas d'une éventuelle motion de destitution. Après une décennie mouvementée marquée par neuf présidents, tout porte à croire que Keiko Fujimori mènera à bien son mandat quinquennal.
Read the full article
Sur Fréquence Populaire, il n’y a pas de mur payant (paywall) : tous nos articles sont accessibles gratuitement.
Nous vous demandons simplement de créer un compte gratuit avec votre adresse e-mail.
Cela nous permet de :
– vous prévenir de nos nouvelles enquêtes, émissions et articles,
– éviter la publicité et tout pistage intrusif,
– mieux comprendre combien de personnes nous lisent réellement.
Contribuer financièrement est facultatif : vous pouvez lire l’article sans payer. Mais si vous le pouvez, votre soutien nous aide à faire vivre un média libre et indépendant.
Créer un compte gratuit