En 2025, les importateurs français ont acheté pour 129,9 millions d’euros de titane russe, contre 108,6 millions d’euros en 2024, soit une progression de 19,6 % sur un an. D’après les données d’Eurostat, ce montant constitue un record depuis le début des séries statistiques disponibles en 1992.
Cette hausse intervient dans un contexte de sanctions européennes renforcées contre Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Toutefois, le titane ne fait pas partie des matières premières directement visées par les interdictions d’importation de l’Union européenne. Son commerce demeure donc légal, malgré le durcissement général des échanges avec la Russie.
Le titane est un métal stratégique, utilisé notamment dans l’aéronautique, le spatial, la défense et certaines industries de pointe. La Russie figure parmi les principaux producteurs mondiaux, ce qui place les industriels européens dans une situation de dépendance structurelle pour certaines chaînes d’approvisionnement. Ce choix traduit la difficulté à substituer rapidement des sources alternatives à un matériau critique.
Depuis 2022, les échanges commerciaux globaux entre l’Union européenne et la Russie ont fortement reculé, en particulier dans le secteur énergétique. Pourtant, certains flux de matières premières non sanctionnées se maintiennent, voire progressent. Il est permis de s’interroger sur la cohérence d’une stratégie européenne qui affiche un objectif de réduction des dépendances tout en laissant perdurer, pour des secteurs stratégiques, des approvisionnements clés.
Pour la France, ces chiffres interrogent la souveraineté industrielle. La dépendance à un fournisseur majeur extérieur à l’Union européenne pour un métal aussi central dans l’aéronautique et la défense souligne les limites actuelles des politiques de relocalisation et de diversification des approvisionnements.
Sources
- EUROSTAT — https://ec.europa.eu/eurostat