« Qui vit d'illusion meurt de désillusion ». Proverbe mexicain.
Aux côtés de Charles III, Trump proclame la victoire, et pourtant la guerre, larvée, continue
Il fallait sans doute tout le décorum d'une visite d'Etat du roi d'Angleterre aux Etats-Unis, les dorures, les uniformes amidonnés et la solennité de la Maison Blanche et du Congrès pour donner un peu de gravité à une déclaration qui, sur le fond, ressemble surtout à un exercice de prestidigitation politique. Aux côtés de Charles III, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient « vaincu militairement » l’Iran. Rien de moins. Une victoire suffisamment éclatante et nette pour être annoncée devant les caméras du monde. Et pourtant, sitôt la formule prononcée, les faits se chargent de la contredire avec une brutalité presque gênante. Et ce n'est pas la première fois, car cette victoire sur l'Iran est un phénomène récurrent, déjà annoncé une bonne dizaine de fois par el même Donald Trump ; cela en devient un « running gag », un comique de répétition dirait-on en français.
Immédiatement, celui qui reçoit ces propos s'interroge...
Si l’Iran est vaincu, que reste-t-il à négocier, pourquoi tant d'efforts pour négocier, discuter, mettre en place des cessez-le-feu ? Le concept même de cessez-le-feu implique que toutes les parties en présence sont en mesure de reprendre le cours de la guerre... Passons.
Pourquoi le détroit d’Ormuz demeure-t-il perturbé, menaçant toujours l’approvisionnement énergétique mondial, l’approvisionnement en hélium et en aluminium, l’approvisionnement en engrais et en urée ? Puisque le nouvel objectif de guerre des Etats-Unis est la réouverture d'un détroit d'Ormuz – lequel était parfaitement ouvert le 27 février, la veille de ce conflit qui entre maintenant dans son troisième mois – la victoire impliquerait que les navires circulent. or, ce n'est pas le cas.
Pourquoi Washington exige-t-il encore de Téhéran qu’il remette ses 440 kilos d’uranium enrichi à 60 %, matière stratégique issue d’un programme nucléaire que Trump lui-même disait « oblitéré »... déjà en juin 2025 après l'opération militaire « Midnight Hammer » ?
Et surtout, pourquoi le régime iranien, censé vaciller sous le choc, est-il toujours en place ? La réalité est que le pouvoir en place en Iran semble même s'être renforcé et qu'il a gagné des points sur le plan géopolitique dans les pays du Sud Global.
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