L’annonce par le Premier ministre britannique Keir Starmer de la fourniture d’uranium enrichi à l’Ukraine a suscité une vague d’interrogations. Certains observateurs se demandent déjà si Londres ne serait pas en train d’ouvrir la voie à une future arme nucléaire ukrainienne. D’autres y voient une nouvelle étape dans l’implication occidentale dans le conflit.
La première inquiétude est pourtant largement infondée. La seconde, en revanche, mérite d’être examinée avec attention, car le véritable enjeu de cette décision n’est pas nucléaire, mais géopolitique.
L’annonce intervient alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu ce mardi au sommet du G7 à Évian pour participer à une réunion consacrée à la paix et à la sécurité en Ukraine et en Europe. Emmanuel Macron espère profiter de ce sommet pour convaincre Donald Trump d’accentuer la pression sur la Russie et de réinvestir pleinement le dossier ukrainien, au moment même où le président américain tente de se dégager du bourbier du Proche-Orient dans lequel l’administration américaine s’est elle-même engagée.
Derrière cette séquence diplomatique se dessine une tendance de fond, celle d'Européens paraissant prêts à accepter presque toutes les exigences de Washington dans l’espoir de maintenir les États-Unis au cœur du conflit ukrainien. Une stratégie dont les conséquences pourraient s’avérer désastreuses.
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