Au Venezuela, le méga-accord pétrolier vanté par Trump se heurte à la réalité du terrain

Présenté par Donald Trump comme « le plus grand accord pétrolier de l’histoire », le transfert de 17 gisements vénézuéliens à NABEP se heurte à des contraintes lourdes : installations dégradées, tensions de trésorerie, recrutement difficile et réserves pétrolières réelles contestées.

Au Venezuela, le méga-accord pétrolier vanté par Trump se heurte à la réalité du terrain
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Présenté par Donald Trump comme « le plus grand accord pétrolier de l’histoire », le projet confiant 17 gisements pétroliers vénézuéliens à North American Blue Energy Partners (NABEP) suscite des doutes croissants sur sa faisabilité. L’accord, annoncé fin août, prévoit l’attribution à cette société privée de concessions de longue durée sur des champs situés notamment autour du lac de Maracaibo et de la ceinture de l’Orénoque.

NABEP, dirigée par l’homme d’affaires vénézuélien Alejandro Betancourt, affirme vouloir porter sa production à plus d’un million de barils par jour, contre environ 224.000 barils quotidiens à la mi-octobre. Cet objectif implique un quasi-quadruplement en peu de temps. Plusieurs acteurs du secteur jugent toutefois l’ambition difficile à concrétiser au regard de l’état des installations pétrolières, des besoins en équipements et de la dégradation accumulée de l’appareil de production vénézuélien.

Des obstacles opérationnels s’ajoutent à ces contraintes industrielles. NABEP serait confrontée à des difficultés de recrutement, dans un secteur affaibli par des années de sous-investissement et d’exode de main-d’œuvre qualifiée. Des retards de paiement envers certains sous-traitants ont aussi été signalés, ce qui alimente les interrogations sur la capacité du groupe à soutenir dans la durée un programme d’expansion de cette ampleur.

Le volume même des réserves avancées fait débat. Donald Trump a évoqué environ 64 à 65 milliards de barils sur les 17 gisements concernés. Mais des experts estiment que les quantités réellement exploitables pourraient être nettement inférieures, ce qui réduirait la portée économique du projet, comme nous l'avions annoncé il y a déjà longtemps sur Fréquence Populaire en interviewant Nicolas Meilhan.

Au-delà de l’annonce politique, l’accord est donc désormais jugé à l’aune de sa mise en œuvre industrielle, de ses financements et de la capacité effective de NABEP à relancer durablement la production.

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