L’Union européenne et le Canada négocient un partenariat global appelé à dépasser le cadre commercial lié aux accords de libre-echange CETA pour couvrir aussi la défense, la sécurité, l’espace, la recherche, les chaînes d’approvisionnement et les minéraux critiques. Bruxelles et Ottawa cherchent ainsi à consolider un axe politique, industriel et technologique plus autonome face aux secousses venues de Washington et à la pression économique chinoise.
Le projet vise, d’après les éléments en circulation à Bruxelles et Ottawa, la forme juridique la plus étroite possible sans ouvrir la perspective d’une adhésion canadienne à l’Union. Ursula von der Leyen doit prononcer son discours sur l’état de l’Union le 16 septembre 2026 devant le Parlement européen à Strasbourg. Le calendrier de la session plénière de cette semaine-là est déjà arrêté par le Parlement européen.
Ce rapprochement s’inscrit dans une trajectoire déjà engagée. Le Parlement européen a adopté le 11 mars 2026 une recommandation en faveur d’une coopération renforcée avec le Canada dans le contexte géopolitique actuel. Le texte rappelle l’accord de partenariat stratégique UE-Canada, l’application provisoire du CETA depuis 2017, le partenariat sur les matières premières de 2021, ainsi que l’alliance verte et le partenariat numérique lancés en 2023. Il mentionne aussi le partenariat de sécurité et de défense signé lors du sommet UE-Canada du 23 juin 2025.
Le choix de pousser plus loin cette architecture traduit une volonté politique de l’Union et du Canada de tenter de desserrer l'étau américain et de tenter de défendre leurs intérêts industriels, énergétiques et sécuritaires suspendus en réponde aux volte-face de la Maison Blanche. Le Canada est déjà présenté par le Parlement européen comme le premier pays non européen à participer à l’instrument SAFE consacré à l’industrie de défense. Les secteurs visés par les discussions - minéraux critiques, recherche, espace, sécurité des approvisionnements - touchent directement à la souveraineté productive et à la maîtrise des dépendances aux ressources.
Si ce nouveau palier est confirmé dans les prochains jours, il marquera une réponse structurée à la brutalisation des rapports transatlantiques, non pas une rupture formelle avec les États-Unis, mais la tentative de mettre en place une capacité d’action moins subordonnée aux choix de Washington. Pour les Européens comme pour Ottawa, la question n’est plus seulement d’échanger davantage, mais de protéger des capacités, des filières et des décisions.
Enfin... ça c'est sur le papier et quelques peu dans les fantamses, tant les accords signés avec Washington que ce soit par Bruxelles ou par Ottawa sont des accords de vassalisation - on se souvient des "accords" signés par Ursula von der Leyen en juillet 2025, lesquels ressemblaient plus au paiement d'un tribut. Sans parler du cadre otanien ou l'indépendance des États membres par rapport aux États-Unis sur les plans militaire et géopolitique tient du vœux pieux. Sans parler non plus du nœud coulant gazier imposé à l'UE par les États-Unis avec la guerre en Ukraine.
Mais pourquoi se priver d'un peu de communication avant le "discours de l'Union" de von der Leyen dont le concept même... est emprunté à Washington.
Sources :
- “Texts adopted - Recommendation on enhanced EU-Canada cooperation in the current geopolitical context, including the threats to Canada’s economic stability and sovereignty - Wednesday, 11 March 2026” — europarl.europa.eu
- “Transatlantic relations: the United States and Canada | Fact Sheets on the European Union | European Parliament” — europarl.europa.eu
- “State of the European Union 2026 (SOTEU)” — audiovisual.ec.europa.eu
- “Agendas | Plenary | European Parliament” — europarl.europa.eu
- “International cooperation with Canada in research and innovation” — ec.europa.eu