Il y a des propos qui ne relèvent pas de la maladresse, ni de l’emportement, ni même de la polémique. Ils relèvent d’un vieux fond raciste, brutal, stupide, que l’on croyait parfois contenu par un minimum de décence publique. Les déclarations de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla visant Kylian Mbappé appartiennent à cette catégorie. En attaquant un joueur français non pour ce qu’il a dit, non pour ce qu’il a fait, non pour son jeu, mais pour son apparence et sa couleur de peau, elle a franchi une ligne qui ne devrait jamais être franchie par une responsable politique.
Ce racisme là est d’autant plus grotesque qu’il s’avance avec l’assurance des ignorants. Il prétend juger l’identité d’un homme à partir de son visage. Il réduit une personne à une origine supposée, à une pigmentation, à une caricature. Il décrète qui serait français et qui ne le serait pas selon des critères que la République française a précisément vocation à abolir. Une couleur de peau ne dit rien d’un homme. Elle ne dit rien de sa culture, de sa loyauté, de son intelligence, de son courage, de son appartenance nationale. Elle ne dit rien, sinon l’obsession de celui ou celle qui la regarde.
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