Lors du sommet des BRICS à Rio, Esther, militante du Movimento pela Soberania Popular na Mineração, dévoile les enjeux cruciaux de l'extraction minière au Brésil et dans le Sud global. Son intervention met en lumière une lutte essentielle pour la souveraineté populaire face à un modèle extractiviste destructeur.
Esther appelle à une redéfinition de la souveraineté, loin des discours des États, pour la replacer entre les mains des peuples. L'extractivisme, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, est un moteur de dépendance et de destruction tant sociale qu'écologique. Les multinationales exploitent les ressources naturelles sans considération pour les communautés locales, engendrant des catastrophes comme celles de Mariana et de Brumadinho. Ces événements tragiques rappellent l'urgence d'une transition énergétique qui ne reproduise pas les logiques prédatrices du passé, mais qui intègre les voix des populations affectées, notamment des femmes, qui sont souvent en première ligne de ces luttes.
Dans cette interview, Esther évoque l'impact différencié de l'extraction minière sur les femmes, qui subissent des violences, une précarité exacerbée et un surmenage domestique. Elle souligne le rôle central des femmes dans la résistance et la nécessité de construire des alliances internationales pour renforcer la lutte contre l'accaparement des ressources. Ces alliances, notamment au sein des BRICS, pourraient ouvrir des voies vers un modèle économique alternatif, plus respectueux des droits humains et de l'environnement.
Le Conseil Social des BRICS constitue une plateforme inédite pour débattre des enjeux globaux liés à l'extraction et à la gestion des ressources. Esther affirme que les ressources naturelles doivent être considérées comme des biens communs, inaliénables, échappant à la logique du marché. Ce changement de paradigme est essentiel pour garantir que les bénéfices de l'exploitation minière profitent réellement aux populations locales et non aux actionnaires lointains des multinationales.
En somme, cette interview est une pierre angulaire pour comprendre les luttes locales qui s'inscrivent dans un contexte global. À une époque où le Sud global revendique sa souveraineté face à l'emprise des multinationales et à la crise écologique, la voix d'Esther résonne comme un appel à l'action et à la solidarité internationale. Elle nous rappelle que la souveraineté populaire est non seulement une nécessité, mais un droit inaliénable des peuples.