Mercredi 3 juin, à Bruxelles, les ambassadeurs des vingt-sept États membres de l’Union européenne ont donné leur feu vert à l’ouverture du premier groupe de négociation en vue de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
Le point a été ajouté à la dernière minute à l’ordre du jour, signe de l’importance politique accordée à cette décision par les institutions européennes. Derrière l’apparente technicité de cette étape se cache en réalité un choix majeur pour l’avenir du continent. Car si les négociations d’adhésion avaient été officiellement ouvertes en juin 2024, elles étaient jusqu’à présent bloquées par le veto hongrois. Celui-ci vient de tomber après le changement de gouvernement à Budapest et l’arrivée au pouvoir de Péter Magyar, beaucoup plus conciliant à l’égard de Bruxelles que son prédécesseur Viktor Orban.
La Hongrie justifie son revirement par un accord obtenu de Kiev sur les droits de la minorité hongroise de Transcarpatie, environ 100 000 personnes vivant dans cette région frontalière historiquement liée à la Hongrie avant son rattachement forcé à l’Ukraine soviétique par Staline en 1945. Officiellement, le différend est donc réglé. Officieusement, ce déblocage illustre surtout la volonté de la Commission européenne d’accélérer coûte que coûte la trajectoire ukrainienne vers l’Union, malgré la guerre en cours, malgré les immenses interrogations économiques et budgétaires qu’elle soulève et malgré l’absence de tout véritable débat démocratique dans les pays concernés.
Car il faut bien comprendre ce qui est en train de se jouer. L’ouverture de ce premier groupe de négociation n’est pas un simple acte administratif. Elle constitue un choix stratégique majeur qui engage l’ensemble des peuples européens, tant économiquement et donc socialement, que géostratégiquement en aggravant le risque d'extension de la guerre. Elle révèle surtout une tendance devenue caractéristique de l’Union européenne actuelle : face aux crises, malgré tous les échecs précédents, face à chaque impasse, la réponse de Bruxelles consiste toujours à avancer davantage dans la même direction. Cela ressemble de plus en plus à l'URSS en fin de course...
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