Volkswagen vers 100.000 emplois supprimés, nouvelle saignée dans l’automobile européenne

Jusqu’à 100.000 emplois pourraient disparaître chez Volkswagen, avec quatre usines allemandes menacées. La séquence illustre la crise profonde de l’automobile européenne et le glissement d’une partie de l’appareil productif vers des perspectives liées à la défense.

Volkswagen vers 100.000 emplois supprimés, nouvelle saignée dans l’automobile européenne
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Volkswagen examine un plan de restructuration pouvant aller jusqu’à 100.000 suppressions de postes dans le monde et la fermeture de quatre usines en Allemagne, selon des informations concordantes publiées fin juin et début juillet. Le groupe a déjà engagé un premier plan social prévoyant 50.000 emplois en moins en Allemagne d’ici à la fin de la décennie, après 35.000 suppressions annoncées fin 2024 chez la marque Volkswagen et 15.000 supplémentaires chez Audi, Porsche et Cariad. Ce saut d’échelle traduit une crise durable du premier constructeur européen. Les ventes reculent en Chine, la demande reste faible en Europe et la direction juge désormais son modèle industriel trop coûteux.

Les sites de Hanovre, Emden, Zwickau et l’usine Audi de Neckarsulm figurent parmi les implantations menacées. Le 9 juillet, le conseil de surveillance n’a pas validé le projet de la direction face à l’opposition des représentants du personnel, pendant que des mobilisations étaient organisées dans les usines allemandes du groupe. La direction veut réduire la gamme de modèles, comprimer les capacités de production et abaisser ses investissements. Ce choix revient à faire payer aux salariés une crise produite par des années de dépendance à la demande chinoise, par le retard pris sur l’électrique abordable et par une mise en concurrence permanente des sites.

La séquence dépasse Volkswagen. Selon le groupe lui-même, les immatriculations de voitures particulières en Europe occidentale restent en 2026 au niveau de l’année précédente et environ 15% sous leur niveau d’avant la pandémie. La combinaison d’une croissance faible, de coûts de l’énergie élevés et de la pression des constructeurs chinois pèse sur tout l’appareil automobile allemand. L’industrie européenne, longtemps présentée comme un pilier, se retrouve fragilisée au moment où ses groupes réduisent l’emploi, ferment des lignes et rationnent l’investissement productif.

Dans ce contexte, des pistes de reconversion vers les véhicules militaires apparaissent. En mars, Volkswagen a confirmé avoir présenté à un salon de défense des prototypes développés sur son site d’Osnabrück pour tester l’intérêt du marché. Fin avril, des discussions avec des entreprises de défense sur l’avenir de cette usine ont été rapportées en Allemagne, la direction citant elle-même les véhicules de transport militaire parmi les orientations possibles. Ce déplacement du civil vers le militaire dit quelque chose de l’époque: faute de politique industrielle au service des besoins populaires, une partie de l’outil productif cherche désormais son salut dans l’économie d’armement.

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