Le discours d'Hassan Sheikh Mohamud à l'ONU marque une étape décisive pour la Somalie et pour le multilatéralisme. Alors que le monde est confronté à des crises sans précédent, la voix d'un pays en transition rappelle l'importance cruciale de l'engagement collectif et de la démocratie.
Dans son intervention, le président somalien a souligné les défis majeurs auxquels son pays est confronté après des décennies de conflits et d'instabilité. La montée de la loi du plus fort menace non seulement la paix en Somalie mais aussi celle du monde entier. Ce constat alarmant résonne dans un contexte international où le droit international est de plus en plus érodé. Mohamud appelle à un retour à la solidarité et à l'action collective pour relever ces défis. La Somalie, en tant qu'État fragile, illustre parfaitement les conséquences dévastatrices des crises humanitaires, des conflits, de l'insécurité alimentaire et du changement climatique. La voix de la Somalie doit être entendue dans les discussions mondiales sur ces questions fondamentales.
Le président a également mis en avant un tournant historique pour son pays avec l'annonce des premières élections au suffrage universel en 57 ans. Cet événement marquant représente un pas décisif vers une gouvernance inclusive et démocratique, un modèle que d'autres pays en transition pourraient envisager. En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, la Somalie se positionne comme un acteur clé dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité régionale. Ce changement politique interne est un exemple d'espoir et d'engagement qui peut inspirer d'autres nations à suivre cette voie.
Mohamud a aussi plaidé pour une mobilisation internationale face aux crises humanitaires et climatiques, insistant sur la nécessité d'un financement équitable pour les pays vulnérables. Les Objectifs de développement durable doivent être réalisés sans que les plus fragiles ne soient laissés pour compte. La crise climatique ne fait pas de distinction et frappe d'abord les populations les plus démunies. La demande de solidarité internationale ne doit pas être perçue comme un choix, mais comme une nécessité vitale pour la survie collective.
Ce discours ne se limite pas à un plaidoyer pour la Somalie, il s'agit d'un appel à l'action pour l'ensemble de la communauté internationale. En replaçant le dialogue au cœur des relations internationales, le président Mohamud rappelle que l'avenir de la paix et de la sécurité repose sur un engagement sincère envers le droit et la démocratie. Ce moment, où la Somalie renoue avec la démocratie, pourrait bien être le début d'une nouvelle ère, non seulement pour le pays, mais aussi pour le monde.