Le président du Burkina-Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, inaugure ce lundi 28 septembre à Ouagadougou la raffinerie nationale d’or RAFFINOR-BF. Le site est la première infrastructure nationale de raffinage du métal précieux dans un pays où l’or occupe une place centrale dans l’économie et les exportations. Le pouvoir burkinabè inscrit cette ouverture dans une ligne de souveraineté économique fondée sur la transformation locale des matières premières et donc un contrôle sur ses propres ressources... du Thomas Sankara en actes.
Le chantier avait été lancé le 23 novembre 2023, date à laquelle Ibrahim Traoré avait posé la première pierre de la future raffinerie. Les autorités avaient alors affiché l’objectif de traiter sur place une part de la production aurifère nationale, au lieu de laisser partir le minerai brut vers des circuits extérieurs. La logique est claire : récupérer davantage de valeur ajoutée, mieux encadrer la filière et réduire la dépendance envers des capacités de raffinage étrangères.
Au Burkina Faso, ce choix touche un secteur décisif. L’or constitue l’une des principales ressources du pays, mais l’essentiel de la richesse tirée de son raffinage, de son contrôle technique et de ses services associés échappe le plus souvent aux économies productrices. Avec RAFFINOR-BF, l’État burkinabè cherche à reprendre la main sur un maillon industriel qui pèse dans les recettes, la traçabilité et l’orientation de la politique minière. C'est particulièrement important en un temps où les banques centrales renforcent leurs réserves d'or.
RAFFINOR-BF doit réunir, au-delà du raffinage, un laboratoire d’analyses, une fonderie, des capacités de stockage sécurisé et des services liés à l’exportation. Si ces fonctions sont confirmées dans l’exploitation courante du site, l’installation ira au-delà d’une simple unité technique et participera à la construction d’un outil public et semi-public de contrôle sur la chaîne de valeur de l’or.
L’inauguration intervient dans une séquence où Ouagadougou met en avant l’industrialisation nationale comme instrument de sa souveraineté reconquise. Le signal politique est fort. Ce pays producteur ne veut plus se contenter d’extraire et d'expédier docilement ; le Burkina Faso ne veut plus être l'esclave économique des puissanczs occidentales. Ce choix traduit une volonté de retenir sur place une part plus importante de la rente minière, enjeu central pour les finances publiques, l’emploi et la maîtrise nationale des ressources qui seule permettent d'assurer le développement du pays.