Les dirigeants du G7 se sont accordés sur une action coordonnée pour faire baisser les prix mondiaux des produits pétroliers, avec une priorité donnée au diesel. Le dispositif repose d’abord sur une hausse maximale de la production des raffineries, afin d’augmenter rapidement l’offre de carburants raffinés sur un marché déjà sous tension. Le choix du diesel n’est pas neutre : ce produit pèse directement sur le transport routier, la logistique, l’agriculture et, au bout de la chaîne, sur les prix payés par les ménages.
Le plan prévoit aussi la libération de jusqu’à 100 millions de barils issus des réserves stratégiques sur quatre mois, en coordination avec l’Agence internationale de l’énergie. L’objectif est d’injecter rapidement des volumes sur le marché pour casser les tensions les plus immédiates sur l’approvisionnement. Une telle intervention confirme que les grandes puissances industrielles entendent utiliser les leviers publics de sécurité énergétique pour contenir un choc de prix qui menace l’activité et alimente l’inflation.
Les pays partenaires se sont en outre entendus pour éviter de nouvelles restrictions sur le commerce de l’énergie et des produits pétroliers entre eux. Cette orientation vise à empêcher qu’une réponse nationale désordonnée n’aggrave la rareté en fragmentant davantage les flux de brut, de diesel et d’autres carburants. Ce choix traduit une logique de coordination entre Etats industrialisés, mais aussi la volonté de préserver les circuits d’approvisionnement au moment où les marchés restent hypersensibles au moindre blocage.
Le recours simultané aux réserves, au raffinage et à la discipline commerciale illustre le fait que le problème ne tient pas seulement au brut disponible, mais à la capacité de transformer ce brut en produits consommables, d’abord en diesel. Pour les gouvernements du G7, il s’agit de reprendre la main sur un marché où les à-coups de l’offre frappent d’abord les secteurs populaires et productifs. Cette réponse demeure une gestion d’urgence ; elle ne règle ni la dépendance structurelle aux hydrocarbures ni les vulnérabilités d’un système énergétique largement livré aux tensions du marché.
Mais voilà,... n'est-ce pas un vœuxpieux ?La Russie est un des principaux exportateurs de diesel et les pays du Golfe sont sous pression. En Russie comme dans le Golfe, les attaques contre les raffineries réduisent à chaque fois la production. Restent les réserves stratégiques. Elles donnent une bouffée d'oxygène... Encore faut-il que dans les mois qui viennent et que couvriront ces réserves des solutions diplomatiques soient trouvées dans le Golfe ou en Ukraine, ce qui est moins que probable.
Le risque est que ces mesures ne fassent que délayer un choc qui sera encore plus grave. A suivre...
Sources :
- « G7 Leaders’ Statement on Global Energy Security and Market Stability » — g7.utoronto.ca
- « G7 to Release 100M Barrels of Oil and Diesel » — efe.com
- « Statement by the G7 Presidency. » — g7g20-documents.org
- « New IEA report highlights options to ease oil price pressures on consumers in response to Middle East supply disruptions » — iea.org
- « Oil Market Report - May 2022 » — iea.org