Sous pression de l’embargo américain, l’Iran peut chercher à faire monter le coût de la confrontation pour les Etats-Unis par d’autres voies qu’un blocus des détroits ou des attaques de drones et de missiles contre les pays du Golfe qui hébergent des bases américaines. Parmi ces options figure une perturbation non seulement du commerce pétrolier, mais aussi de l’infrastructure numérique régionale via les eaux du golfe Persique.
Le détroit d’Ormuz concentre en effet plusieurs câbles sous-marins de télécommunications utilisés par le trafic international de données. Des analyses spécialisées sur l’infrastructure des câbles dans le détroit décrivent ce passage comme un point de vulnérabilité pour la connectivité des Etats du Golfe, même si l’ampleur des effets dépend ensuite des itinéraires de secours disponibles pour chaque opérateur. Une détérioration de ces liaisons réduirait les capacités des réseaux, augmenterait la latence et affecterait le trafic internet dans la région.
Les conséquences dépasseraient le seul accès grand public au réseau. Les connexions qui traversent cette zone soutiennent aussi les flux financiers, les échanges d’entreprise et les services d’informatique à distance. Les perturbations de câbles au Moyen-Orient ont déjà montré qu’une coupure ou une dégradation de route se traduit par un allongement des temps de réponse et une baisse de capacité, avec report du trafic sur des chemins plus longs ou plus saturés.
Google recense Muscat, Fujairah, Dammam et Doha parmi ses emplacements de réseau dans la zone, tandis que Doha et Dammam accueillent aussi des régions Google Cloud. Ces points de présence s’inscrivent dans une architecture régionale reliée par des fibres terrestres et sous-marines. Des perturbations des connexions de câbles dans la région pourraient donc affecter les services cloud et, au-delà, une partie de l’économie numérique qui dépend de ces liaisons pour l’hébergement, les applications et les échanges de données.
Le risque ne se limite pas à une logique bilatérale entre Téhéran et Washington. Dans le Golfe, les infrastructures numériques et énergétiques sont étroitement imbriquées, et les câbles du détroit d’Ormuz constituent un maillon discret mais sensible de cette dépendance. Une dégradation de ces liaisons toucherait d’abord les réseaux régionaux, avec des effets possibles sur des services internationaux opérés depuis le Moyen-Orient.
Sources :
- « Navigating Hostile Waters: Submarine Cable Infrastructure and the Strait of Hormuz » — telegeography.com
- « Network edge locations » — docs.cloud.google.com
- « Global Locations - Regions & Zones » — cloud.google.com
- « New Google Cloud region now open in Qatar » — cloud.google.com
- « Expanding cloud infrastructure around the world » — cloud.google.com