Affolées par les transformations du monde et soucieuses de maintenir leurs intérêts, les élites européennes multiplient les propositions pour relancer une machine qui a déjà pris l’eau. Ces propositions révèlent l’incapacité à comprendre le moment que nous vivons, c’est-à-dire la fin de l’occident mise en évidence par Emmanuel Todd. Elles soulignent l’incapacité des élites à se remettre en cause et à s’appuyer sur la richesse des nations qui composent l’Europe. Ayant cependant pris conscience du rejet qu’elles suscitent, le discours se fait plus consensuel : on évoque un fédéralisme pragmatique, on redécouvre le mécanisme des coopérations renforcées, on fait mine de défendre un souverainisme européen. Mais derrière les mots, les rapports de force s’aiguisent et la France si elle ne défend pas ses intérêts risque une nouvelle fois d’être le dindon d’une farce qui n’a que trop duré.
Mario Draghi, l’icône des européistes a tiré les premières salves. Pour lui, l’Europe actuelle serait de nature confédérale et il faudrait de toutes forces aller vers une véritable fédération pour qu’elle puisse développer sa pleine puissance. Dans la conférence qu’il a prononcée à Louvain le 2 février, il considère ainsi que l’Europe ne peut plus être seulement un grand marché, elle doit agir de concert dans le domaine de la défense, de l’énergie, de la politique étrangère et de la fiscalité. Bref, plus rien n’échapperait à la logique fédérale et aux passages aux votes à la majorité qualifiée. Mais pour rassurer ceux qui peuvent être inquiets, Mario Draghi, reprenant le concept forgé dans l’article du grand Continent du 24 octobre 2025 avance la notion prudente de fédéralisme pragmatique, fondé sur une coalition de volontaires.
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