Le Parlement iranien étudie la possibilité de quitter le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Cette hypothèse intervient dans un contexte de fortes tensions, après un mois de guerre avec Israël et les États-Unis.
Déjà évoquée après la guerre dite de "12 jours" de juin 2025, cette option revient aujourd’hui au cœur des discussions politiques à Téhéran. Le porte-parole a justifié cette réflexion en dénonçant un cadre international jugé déséquilibré : « Quel est l’intérêt d’adhérer à un traité dans lequel des acteurs internationaux puissants […] attaquent également nos installations nucléaires ? »
Le TNP repose sur un principe d’équilibre entre non-prolifération et droit au nucléaire civil. L’Iran, signataire du traité, affirme être privé de ce droit malgré ses engagements, tout en subissant sanctions et opérations militaires ciblées contre ses infrastructures.
Ce choix éventuel s’inscrit dans un contexte plus large de remise en cause des règles internationales. Plusieurs États disposant de l’arme nucléaire ne sont pas signataires du traité, tandis que d’autres conservent leurs arsenaux sans contrainte équivalente. L'Iran fait référence à Israël, pays disposant de dizaines de têtes nucléaires et échappant à tout cadre de régulation internationale, les États-Unis étant accusés de le couvrir. Ce constat nourrit, côté iranien, une dénonciation d’un système à géométrie variable, d’autant qu’Israël et les États-Unis sont engagés dans un conflit direct avec Téhéran.
Qualifier une éventuelle sortie du TNP d’« étape vers l’arme nucléaire » relève toutefois d’une interprétation politique. Les autorités iraniennes continuent officiellement d’affirmer ne pas chercher à se doter de l’arme atomique, tout en maintenant un programme nucléaire avancé.
Il est néanmoins permis de s’interroger sur les effets concrets d’un tel retrait. Une rupture avec le TNP affaiblirait les mécanismes de contrôle internationaux et accentuerait les tensions régionales déjà élevées, dans un contexte de confrontation directe.
Au-delà du cas iranien, cette séquence met en lumière les fragilités d’un ordre international perçu comme asymétrique, où les règles de non-prolifération apparaissent, pour certains États, comme inégalement appliquées.