Nous l’annoncions sur Fréquence Populaire, c’est désormais une réalité stratégique majeure. Les Houthis entrent dans la guerre. Le mouvement chiite yéménite, allié de l’Iran, a revendiqué ce 28 mars sa première attaque directe contre Israël depuis le début du conflit déclenché le 28 février par l’offensive israélo-américaine contre Téhéran. Une escalade attendue, puisque l'activation des Houthis faisait partie des cartes à disposition de l'Iran pour intensifier le conflit. Cet engagement ouvre un nouveau front alors que les Etats-Unis annoncent une attaque massive sur l'Iran et, surtout, fait peser une menace immédiate sur l’un des points névralgiques de l’économie mondiale : la Mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb.
La planification stratégique aux Etats-Unis est médiocre. Une forme d'hubris pèse sur les décisions stratégiques et militaires à la Maison Blanche où l'on apprend que, de surcroît, Donald Trump ne suivrait que des briefs vidéos très courts et pas les briefs des services de renseignement américains.
Une entrée en guerre sans surprise, mais lourde de conséquences
Le porte-parole des Houthis, Yahya Saree, a revendiqué une frappe de missiles balistiques contre des « sites militaires sensibles » israéliens. L’armée israélienne a confirmé avoir détecté et intercepté un tir provenant du Yémen. Aucun bilan humain n’est évoqué à ce stade, mais l’essentiel n’est pas là. Ce tir marque l’entrée officielle d’un acteur régional capable de transformer un conflit déjà critique en crise systémique globale.
Depuis plusieurs semaines, tous les indicateurs convergeaient. Le leader houthi Abdul-Malik al-Houthi avait explicitement annoncé sa disponibilité à intervenir aux côtés de l’Iran et de ce que Téhéran nomme « l’axe de la résistance », qui inclut le Hezbollah libanais et diverses milices chiites irakiennes. Les rassemblements massifs à Sanaa ces derniers jours, les menaces publiques et les précédents de 2023–2025 ne laissaient guère de doute.
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