L’Iran nie avoir visé les Émirats et menace de riposter en cas d’attaque depuis leur territoire

Téhéran a assuré mardi n’avoir mené aucune opération de missiles ou de drones contre les Émirats arabes unis ces derniers jours. Dans le même temps, un porte-parole militaire iranien a averti qu’une attaque lancée depuis le territoire émirati entraînerait, selon lui, une riposte.

L’Iran nie avoir visé les Émirats et menace de riposter en cas d’attaque depuis leur territoire
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Le représentant du quartier général central Khatam al-Anbia, Ebrahim Zolfaghari, a déclaré mardi que les forces iraniennes n’avaient mené « aucune » opération de missiles ou de drones contre les Émirats arabes unis ces derniers jours, selon des propos rapportés par des médias internationaux relayant une déclaration lue à la télévision d’État iranienne. Dans le même message, il a toutefois désigné les Émirats comme « l’une des principales bases américano-israéliennes » contribuant, selon lui, à l’instabilité régionale, et a averti qu’une attaque contre l’Iran lancée depuis leur territoire entraînerait une « riposte écrasante ».

Cette prise de parole intervient alors qu’Abou Dhabi accuse au contraire l’Iran d’avoir visé le pays. Le ministère émirati des affaires étrangères a condamné le 4 mai des attaques menées, selon lui, par missiles et drones contre des sites civils et des installations situées aux Émirats, parlant d’« escalade dangereuse » et tenant Téhéran pour responsable. Les autorités émiraties ont aussi affirmé que ces attaques avaient blessé trois ressortissants indiens et ont revendiqué un droit de réponse conforme au droit international.

La divergence entre les deux versions s’inscrit dans un climat régional déjà marqué par une forte dégradation sécuritaire. Les Émirats avaient déjà multiplié ces derniers mois les communiqués dénonçant des attaques iraniennes et rappelant leur droit à l’autodéfense. En mars, Abou Dhabi avait soutenu au Conseil de sécurité de l’ONU une résolution condamnant des frappes attribuées à l’Iran contre plusieurs pays de la région, dont les Émirats. Le gouvernement émirati a aussi répété en janvier qu’il n’autoriserait ni son espace aérien, ni son territoire, ni ses eaux à être utilisés pour des actions militaires hostiles contre l’Iran.

Le rappel de cette position est central dans l’avertissement formulé par Ebrahim Zolfaghari. En conditionnant une riposte à l’utilisation du territoire émirati contre l’Iran, le responsable militaire iranien cible explicitement la présence et les partenariats de sécurité entretenus par Abou Dhabi avec les États-Unis, et plus largement avec les alliés occidentaux. Les Émirats restent un partenaire stratégique majeur de Washington dans le Golfe, tandis que la rhétorique iranienne associe régulièrement les dispositifs militaires américains et israéliens aux tensions régionales.

À ce stade, les éléments disponibles confirment donc l’existence de deux récits opposés : celui de Téhéran, qui nie toute frappe récente contre les Émirats, et celui d’Abou Dhabi, qui affirme avoir subi de nouvelles attaques et les attribue à l’Iran. Aucun élément indépendant consulté n’a permis, à ce stade, de trancher publiquement entre ces deux versions sur les faits précis évoqués mardi. Mais la simultanéité du démenti iranien et de l’avertissement militaire adressé aux Émirats traduit une nouvelle montée de tension verbale entre les deux pays, sur fond de crise persistante dans le Golfe.

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