« Cette date est entrée dans l’histoire tachée de sang. »
Miguel Rodriguez, Le 1er mai, 1990
L’histoire du 1er mai commence avec la fin de la guerre de Sécession, en 1865. Les ouvriers blancs du Nord sortirent du conflit avec un sentiment de victoire mêlé d’inquiétude. Ils avaient combattu contre un Sud qu’on leur avait présenté comme la civilisation du travail forcé. Après la victoire contre les États esclavagistes, le 13e amendement abolit l’esclavage. Les 14e et 15e établirent la citoyenneté et le droit de vote des Noirs. La République triomphante semblaitavoir consacré la dignité du travail libre, dont les travailleurs du Nord, pour beaucoup enfermés dans ce qu’ils commençaient à appeler « l’esclavage salarié » (wage slavery), estimaient devoir eux aussi bénéficier.
« Si l’esclave tombe malade, il est soigné aux frais de son maître... Mais que devient l’ouvrier libre ? S’il tombe malade, ou s’il vieillit, il est jeté à la rue pour mourir de faim. »
Orestes Brownson, The Laboring Classes, 1840
« Nous sommes obligés de dire que nous sommes sous un système d’esclavage blanc pire que celui de nos frères noirs du Sud... L’esclave blanc est poussé par la peur de mourir de faim, tandis que l’esclave noir l’est par la peur du fouet. »
Seth Luther, Address to the Working Men of New England (1832), cité par David Roediger, The Wages of Whiteness, 1991
Pourtant, cette consécration de principe se heurta, presque immédiatement, à la réalité d’une société qui se transformait à un rythme inédit dans l’histoire, et dont le moteur n’était pas tant l’idéal républicain que le développement industriel et l’accumulation des profits.
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