Il avait promis de mettre un terme aux guerres sans fin, de restaurer la prospérité aux Américains avec un nouveau « Golden Age » et de rendre le pouvoir au peuple contre les élites de Washington. Deux ans après son retour triomphal à la Maison-Blanche, Donald Trump vient de subir une défaite électorale majeure. Les démocrates reprennent les deux chambres du Congrès, conquièrent des bastions républicains que l'on croyait imprenables et bénéficient d'un puissant mouvement de rejet du président. La guerre contre l'Iran, déclenchée par celui qui dénonçait les aventures militaires de ses prédécesseurs, apparaît comme l'un des principaux facteurs de ce retournement. Le slogan « America First » s'est heurté à un sentiment, largement partagé, que les intérêts des Américains n'ont justement pas été réellement servis.
Une défaite historique, jusque dans les bastions républicains
Le verdict des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 est sans ambiguïté sur le plan institutionnel. Les Républicains perdent simultanément la Chambre des représentants et le Sénat. Les démocrates ont déjà conquis au moins sept sièges sénatoriaux détenus par leurs adversaires et gagné plus de vingt-cinq sièges à la Chambre, même si le dépouillement définitif reste en cours.
L'ampleur géographique de la défaite frappe davantage encore que les chiffres nationaux. Plusieurs États solidement ancrés dans le camp conservateur ont basculé :
- Texas : James Talarico devient le premier démocrate élu au Sénat fédéral dans cet État depuis 1988, en battant Ken Paxton, figure du trumpisme.
- Kansas : Adam Hamilton remporte un siège sénatorial pour les démocrates, une première depuis 1932.
- Caroline du Sud : Annie Andrews s'impose dans un État que Donald Trump avait remporté avec près de 18 points d'avance en 2024.
- Iowa : Josh Turek bat la républicaine Ashley Hinson.
- Ohio : l'ancien sénateur démocrate Sherrod Brown reconquiert un siège.
- Caroline du Nord et Maine : les démocrates arrachent également deux sièges républicains.
À ces succès s'ajoutent des conquêtes de postes de gouverneurs et de sièges dans les assemblées des États fédérés (plus de 6000 élus). Ce n'est donc pas seulement à Washington que change la majorité politique, c'est toute la carte politique américaine est redessinée.
Il faut remonter aux grandes élections de sanction du XXe siècle pour trouver des comparaisons historiques pertinentes. D'ailleurs, la défaite de Donald Trump fait penser à celle des Républicains en 1974 ; quelques mois après la démission de Richard Nixon provoquée par le scandale du Watergate, les républicains avaient perdu 48 sièges à la Chambre des représentants et cinq au Sénat. Les démocrates avaient alors bénéficié d'une vague de rejet du pouvoir présidentiel.
Mais attentions, la comparaison ne signifie pas que les pertes de 2026 constituent un record absolu. En 2010, les démocrates de Barack Obama avaient perdu 63 sièges à la Chambre. Mais la simultanéité des basculements au Congrès, l'effondrement républicain dans plusieurs bastions historiques et le contexte de guerre donnent au scrutin de 2026 une portée politique particulière.
Trump avait fait de ces élections un référendum sur son pouvoir. Le résultat est désormais un problème politique majeur pour les deux dernières années de sa présidence et pour la trace qu'il compte laisser dans l'histoire de son pays.
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