Un patron de la French Tech écarté du voyage présidentiel en Asie après une arrestation pour pédopornographie

Samuel Hassine, dirigeant de la start-up de cybersécurité Filigran, a été interpellé dans une affaire de pédopornographie et retiré au dernier moment de la délégation française qui devait accompagner Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud fin mars.

Un patron de la French Tech écarté du voyage présidentiel en Asie après une arrestation pour pédopornographie
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Samuel Hassine, 39 ans, dirigeant et cofondateur de Filigran, a été interpellé fin mars dans le cadre d’une affaire de pédopornographie et retiré au dernier moment de la délégation française qui devait accompagner Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud. Le Parisien a révélé qu’il devait participer au déplacement présidentiel avant d’en être écarté in extremis. Filigran figurait dans le livret officiel de la délégation économique diffusé pour ce voyage en Asie.

L’entreprise appartient au paysage que le pouvoir met en avant depuis des années. Filigran est présentée comme une start-up de cybersécurité de la French Tech et Samuel Hassine s’affiche publiquement comme son directeur général. En novembre 2025, il avait été reçu à l’Élysée dans le cadre du Choose France Summit, où il avait publié une photo de sa rencontre avec Emmanuel Macron. Le cas embarrasse d’autant plus l’exécutif que le retrait a été décidé juste avant le départ.

Le dossier heurte aussi par le profil de la société. Filigran développe des outils de cyberdéfense et d’analyse des menaces. L’entreprise revendique une place dans les dispositifs de souveraineté technologique française, tandis que son nom apparaissait encore dans la sélection French Tech 2030 recensant 80 start-up censées bâtir cette souveraineté. Ce contraste éclaire les angles morts d’une politique industrielle qui célèbre la vitrine technologique, multiplie les opérations de communication et contrôle mal les hommes qu’elle promeut.

L’affaire remonte ainsi jusqu’au sommet de l’État par ses implications politiques immédiates : un chef d’entreprise mis en avant par les réseaux publics de la tech, visible à l’Élysée quelques mois plus tôt, devait encore représenter la France dans une délégation présidentielle. Elle rappelle la porosité entretenue entre mise en scène de la réussite privée, diplomatie économique et label public.

Et tant pis si la moralité est douteuse.

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