Le groupe Volkswagen est confronté à une dégradation durable de sa compétitivité, particulièrement en Allemagne. Le 21 août, son président du directoire Oliver Blume a estimé que les frais généraux du groupe restaient environ 30 % supérieurs à ceux d’entreprises comparables, malgré les mesures d’économies déjà engagées.
Volkswagen a notamment réduit de plus de 20 % en moyenne les coûts de production de ses usines automobiles allemandes en 2025. Cela ne suffit toutefois pas à rétablir les marges nécessaires pour financer simultanément les nouveaux modèles, les technologies électriques et numériques et le maintien de l’appareil industriel. Le constructeur subit aussi l’intensification de la concurrence chinoise, l’érosion de ses positions en Chine et les effets des barrières commerciales américaines.
Près de 50 000 suppressions de postes sont déjà prévues dans plusieurs entités du groupe, dont Volkswagen AG, Audi, Porsche et Cariad. La direction évoque désormais un potentiel de 50 000 réductions supplémentaires, sans présenter ce chiffre comme un objectif définitivement arrêté.
Des scénarios encore plus sévères ont également été étudiés. Ils peuvent aller jusqu’à environ 100 000 suppressions de postes au total et concerner quatre sites allemands, à Hanovre, Emden, Zwickau et Neckarsulm. Aucune fermeture de ces usines n’a cependant été décidée à ce stade, et les représentants des salariés s’opposent à une nouvelle réduction massive des capacités.
Dans ce contexte, Volkswagen examine aussi des débouchés industriels hors de l’automobile civile. À Osnabrück, où environ 2 300 personnes travaillent et où la production du T-Roc Cabriolet doit prendre fin en 2027, le constructeur a présenté deux prototypes de véhicules militaires, les MV.1 et MV.2, dérivés respectivement de l’Amarok et du Crafter.
Cette initiative ne constitue pas, à ce stade, une réorientation générale du groupe vers l’armement. Volkswagen explore la possibilité de produire des véhicules ou des composants destinés au secteur de la défense et avait également discuté avec Rheinmetall de l’utilisation de capacités industrielles. Elle illustre néanmoins la recherche de nouveaux débouchés pour des sites automobiles allemands confrontés à des surcapacités et à une profonde restructuration.
Sources
- Volkswagen Group — communication sur la compétitivité, la transformation et les réductions de coûts
- Volkswagen France — plan d’avenir et restructuration
- Reuters — restructuration, suppressions d’emplois et scénarios concernant les sites allemands
- Reuters — inquiétudes des salariés et réunions du 24 août 2026
- Reuters — exploration de la production de véhicules militaires à Osnabrück