Dans une récente chronique parue sur le site de Fréquence Populaire avec Georges Kuzmanovic et François Cocq, je souhaitais que l’Allemagne cesse de finasser et choisisse clairement son camp : l’Europe européenne tant souhaitée et attendue par le Général de Gaulle ou l’alliance atlantique, avec laquelle elle ne s’est jamais affranchie, notamment depuis le traité de l’Élysée de 1963. Sans doute avais-je pêché par naïveté en croyant désormais ce choix possible, au regard des orientations prises par Donald Trump. Peut-être ai-je cru un peu trop aussi aux deux Occidents décrits par Mathieu Bock-Côté, l’un conservateur et souverainiste, et l’autre plus progressiste et universaliste. Sans doute ai-je été abusé et interloqué par les premières déclarations de Friedrich Merz il y a un an, qui donnaient l’impression de vouloir une rupture nette avec l’Amérique de Trump.
Désormais, depuis le discours de Munich de Friedrich Merz, tout est rentré dans l’ordre et nous savons à qui nous avons affaire : une Allemagne dominatrice en Europe, subordonnée aux intérêts des États-Unis, désormais décomplexée, soixante ans après la Seconde Guerre mondiale. François Cocq, sur ce site de Fréquence Populaire, a magistralement exposé les faits et expliqué la nature du discours et les positions de Friedrich Merz. Nous retrouvons, de fait, l’alliance germano-américaine nouée aux lendemains de la guerre, tournée, dans un esprit de guerre froide, contre l’Union soviétique hier, contre la Russie aujourd’hui. Paul-Marie Coûteaux a souvent l’habitude de dire que l’essence des choses se comprend par leur genèse. L’Allemagne fédérale telle que nous la connaissons est une création américaine, et rien ne permettra d’en couper le cordon ombilical. En juin 2025, le chancelier Merz, lors de sa visite inaugurale à la Maison-Blanche, avait déjà clarifié le message et exprimé « sa profonde gratitude envers les États-Unis pour avoir libéré l’Allemagne du régime nazi il y a 80 ans », omettant bien sûr d’évoquer la contribution décisive de l’Armée rouge.
Mais, avant de déplorer, de gémir et de s’accabler, il nous faut d’abord comprendre. Comprendre au sens sociologique, « les bonnes raisons », au sens de Raymond Boudon, qu’ont les acteurs d’adopter telle attitude, telle croyance, telle stratégie. Comment comprendre l’attitude allemande actuelle ?
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