Les armateurs ont temporairement suspendu les arrivées de navires dans les ports ukrainiens de la mer Noire dédiés aux exportations agricoles, après une intensification des frappes russes sur les infrastructures portuaires et sur la navigation marchande. Le ministre ukrainien de l’Agriculture a indiqué qu’aucun navire n’avait emprunté le corridor maritime le 22 juillet, au moment où la nouvelle récolte entre dans sa phase d’expédition la plus active.
Kiev estime avoir perdu environ un tiers de sa capacité d’exportation de céréales. Les attaques visent les ports en eau profonde de la région d’Odessa, qui concentrent une part décisive des flux agricoles et d’autres cargaisons pour l’économie ukrainienne en temps de guerre. La reprise de ces frappes a aussi ravivé les tensions sur les marchés des grains, déjà sensibles à la sécurité de la route maritime de la mer Noire.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères par intérim, Andrii Sybiha, a dénoncé un "terrorisme économique et humanitaire délibéré" et annoncé une demande de réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU pour le lundi 27 juillet. Le président Volodymyr Zelensky a accusé Moscou de chercher à bloquer le principal corridor d’exportation du pays.
Moscou affirme viser uniquement des objectifs liés à l’appareil militaire ukrainien. Mais dimanche, une frappe de missile contre un navire transportant du maïs au large d’Odessa a tué dix personnes, selon les autorités ukrainiennes, neuf membres d’équipage originaires d’Inde et de Syrie, ainsi qu’un pilote maritime ukrainien. Les autorités ukrainiennes ont précisé qu’aucune des victimes n’était militaire.
Ces attaques russes tous azimuts sur des infrastructures civiles maritimes ont commencé après les attaques de Kiev sur les infrastructures civiles, le dortoir des étudiants à Starobelsk, les attaques sur les entrepôts, en particulier à Moscou et sur des dizaines de navires russes dans la mer d'Azov et la mère noire - on s'en gargarise sur certains médias et dans les bureaux des dirigeants européens. Mais les effets stratégiques sont nuls et sans conséquences sur le cours de la guerre qui se livre au détriment des Ukrainiens ; ces attaques spectaculaires ont surtout des effets médiatiques.
Par contre, les Russes ont les moyens de frappes systémiques qui, de facto, produisent depuis plusieurs jours un blocus maritime total de l'Ukraine et qui va durer. Non seulement une partie des récoltes ne pourront pas être exportées, mais Odessa est le principal point d'entrée du soutien militaire occidental à Kiev.
L'approche otanienne de ce conflit reste médiatique, c'est-à-dire de coups de communication au jour le jour, mais sans aucune vision stratégique de long terme. Cet aveuglement, doublé d'un hubris en décalage complet d'avec la réalité, est le principal allié de Moscou et le pire ennemi de l'Ukraine.
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