Le gouvernement français admet que son objectif de ramener le déficit public à 5% du PIB en 2026 est désormais très compromis - euphémisme pour dire que cet objectif ne sera pas atteint. Le budget 2026 visait officiellement ce seuil, après un déficit de 5,1% en 2025. Mais Roland Lescure a reconnu début juillet que cette cible serait « difficile à atteindre », tandis que l’exécutif a revu sa prévision de croissance pour 2026 à 0,7%, après 1% au lancement du budget puis 0,9% au printemps. Ce décrochage des recettes attendues met en échec une trajectoire déjà imposée au forceps.
Bercy a ajouté de nouvelles coupes aux premières économies annoncées au printemps. Le gouvernement a d’abord anticipé 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires d’ici à septembre, dont 2 milliards pour l’État et 1 milliard pour la Sécurité sociale. Il a ensuite procédé, début septembre, à 500 millions d’euros d’annulations de crédits dans les ministères, hors masse salariale, ainsi qu’à 783 millions d’euros de surgels. Ce choix traduit une même logique, faire payer le ralentissement économique et les tensions extérieures aux services publics, plutôt que rouvrir franchement la question des recettes et de la répartition de l’effort. Les Français populaires et des classes moyennes payeront tel est le choix du gouvernement et pas czux qui se sont enrichis de manière ahurissante ces dix dernières années.
Sur les prix, Roland Lescure, Ministre de l'Economie, a indiqué en avril que les conséquences du conflit au Moyen-Orient devaient provoquer en 2026 une inflation de 1,9%, dans un scénario gouvernemental qui tablait alors sur une croissance de 0,9% et un déficit maintenu à 5% du PIB. Lwinflation culmierait autour de 3% d’ici la fin de l’année puis à 2,1% en moyenne aprèsselon Roland Lescure.
On est en fait très loin de la réalité et comme nous l'avions analysées Fréquence Populaire avec Jacques Sapir, l'inflation grimpera à 4% au moins. La dégradation des prévisions gouvernementales est pour beaucoup liéeà la situation internationale et au choc énergétique. La guerre contre l’Iran et le blocage quasi continu du détroit d'Ormuz pèse déjà sur l’activité, et les perturbations maritimes récentes autour de Bab el-Mandeb menacent encore les coûts d’approvisionnement et de transport.
L’hypothèse d’une entrée en récession s’est renforcée au fil de l’année. Le PIB français a reculé de 0,1% au premier trimestre 2026, et l’Insee a signalé une croissance négative au début de l’exercice. Jacques Sapir estime que nous pourrions même entrer en récession. Dans ces conditions, le budget 2027 s’annonce comme un terrain de confrontation brutale. Une mission commandée par le ministère des finances estime que, sans mesures nouvelles, le déficit pourrait atteindre 5,9% du PIB en 2027 puis près de 7% en 2030. Il est permis de s’interroger sur le choix politique qui se dessine... de fortes mesures d’austérité pourraient être imposées en pleine élection présidentielle, au moment même où la dégradation économique frappe d’abord les classes populaires.
C'est une année sociale sanglante qui s'annonce, peut-être avec un retour d'un mouvement populaire spontané de type Gilets Jaunes, en tout état de cause, la question du pouvoir d'achat des Français, l'emploi, l'avenir de la jeunesse dans un contexte plus que morose seront des sujets centraux de l'élection présidentielle.
Sources :
- « Publication du Rapport d’avancement annuel 2026 » — tresor.economie.gouv.fr
- « Le Gouvernement poursuit l’effort de maîtrise de la dépense en 2026 » — presse.economie.gouv.fr
- [« [Vidéo] Maîtrise des finances publiques : 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires »](https://www.economie.gouv.fr/actualites/video-maitrise-des-finances-publiques-3-milliards-deuros-deconomies-supplementaires) — economie.gouv.fr
- « Finances publiques : la perspective d’une baisse du déficit s’éloigne, de nouvelles économies décidées » — lemonde.fr
- « Une croissance en panne et un déficit qui stagne compliquent encore un peu plus l’équation budgétaire du gouvernement » — lemonde.fr
- « Mission sur la transparence des finances publiques à l’horizon 2030 : priorité à la maitrise des dépenses pour infléchir la dynamique de la dette » — presse.economie.gouv.fr