Ghalibaf menace Washington et Israël après une frappe sur Beyrouth

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé dimanche les États-Unis et Israël de violer le cessez-le-feu et de ne comprendre que « le langage de la force ». Il a dit considérer leurs bases et actifs dans la région comme des cibles légitimes.

Ghalibaf menace Washington et Israël après une frappe sur Beyrouth
0%

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé dimanche les États-Unis et Israël de ne pas respecter le cessez-le-feu en vigueur entre Washington et Téhéran. Dans un message diffusé sur le réseau X, il a affirmé que les deux pays « ne comprennent que le langage de la force » et a déclaré que leurs bases militaires et leurs actifs dans la région étaient devenus des « cibles légitimes » pour l’Iran. Il a aussi soutenu que « la main » des forces armées iraniennes était, selon ses mots, « comme toujours, sur la gâchette ». Cette déclaration a été rapportée par l’agence iranienne Press TV et reprise par l’Associated Press après une nouvelle dégradation de la situation régionale.

Cette prise de position intervient après une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, dimanche 7 juin. L’Associated Press a indiqué qu’Israël avait visé les quartiers sud de la capitale libanaise quelques jours seulement après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu soutenu par Washington, et malgré une demande américaine de ne pas frapper Beyrouth. Selon cette même source, au moins deux personnes ont été tuées et onze autres blessées dans l’attaque. Ghalibaf a lié explicitement cette frappe à ce qu’il présente comme un feu vert américain donné aux opérations israéliennes au Liban.

Le responsable iranien a également mis en cause le blocus maritime imposé par les États-Unis contre l’Iran. D’après l’Associated Press, Washington a annoncé ces dernières semaines une opération de blocus destinée à empêcher les navires d’entrer ou de sortir des ports iraniens et du détroit d’Ormuz. Pour Téhéran, cette mesure constitue une violation directe de la trêve négociée après les affrontements du printemps. Ghalibaf soutient qu’un cessez-le-feu ne peut être considéré comme réel si ce dispositif maritime demeure en place et si les attaques israéliennes se poursuivent sur d’autres théâtres, notamment au Liban.

La déclaration du président du Parlement s’inscrit dans une séquence de durcissement verbal iranien. Ces derniers mois, il avait déjà averti que des installations américaines, mais aussi des entités financières liées au financement militaire des États-Unis, pourraient être visées en cas d’escalade. Ses propos de dimanche élargissent de nouveau la menace à l’ensemble des « actifs » américains et israéliens dans la région, sans désigner de cibles précises ni annoncer d’opération imminente. Aucun responsable américain ou israélien n’avait, à ce stade, répondu publiquement à cette déclaration.

Sur le plan institutionnel, Ghalibaf n’est pas chef de l’exécutif iranien, mais il occupe une fonction centrale dans l’appareil politique du pays et intervient depuis plusieurs semaines dans la séquence de négociations et de confrontation avec Washington. Ses propos pèsent donc au-delà d’une simple déclaration parlementaire. Ils traduisent aussi l’articulation croissante, côté iranien, entre le dossier du cessez-le-feu avec les États-Unis et l’évolution du front libanais, alors que Téhéran réclame un arrêt plus large des opérations israéliennes au Liban et à Gaza.

La menace formulée dimanche accroît la pression sur une trêve déjà fragile. Elle intervient alors que les affrontements indirects entre l’Iran, les États-Unis et Israël se sont déplacés de la question nucléaire vers des enjeux militaires, maritimes et régionaux. En désignant des bases américaines et israéliennes comme cibles légitimes en réponse à la fois au blocus maritime et à la frappe sur Beyrouth, Téhéran relie désormais officiellement ces deux dossiers dans sa communication politique.

Sources :

Qu'avez-vous pensé de cet article ?

🎧

Version audio

Écoutez cet article en audio pour plus d'accessibilité

Inscription réussie !

Connexion réussie, bon retour !

Merci ! Votre soutien à Fréquence Populaire a bien été enregistré.

Succès ! Vérifiez vos emails pour obtenir votre lien magique.

Vos informations de facturation ont bien été mises à jour.

La mise à jour de votre facturation a échoué.