La Station spatiale internationale doit rester en service jusqu’à la fin de 2030. Les États-Unis ont officialisé dès 2021 la prolongation de l’exploitation de l’ISS jusqu’à cette échéance, avec l’appui de leurs partenaires européens, japonais et canadiens. La Russie, qui avait auparavant arrêté sa participation à 2028, s’aligne désormais, de puis ce 14 juillet, sur le même horizon, ce qui maintient l’architecture de coopération qui permet à la station de fonctionner avec ses segments américain et russe jusqu’à sa retraite. Les documents de planification de la NASA continuent de viser une rentrée contrôlée en 2031.
Cette prolongation s’inscrit dans un cadre de coopération technique qui a survécu à la dégradation des relations entre Washington et Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine et l'état de cobelligérance de facto des Etats-Unis avec l'Ukraine. Le principe des vols croisés reste en place afin de garantir la présence permanente d’au moins un astronaute de la NASA à bord d’un Soyouz et d’au moins un cosmonaute de Roscosmos à bord d’un vaisseau américain. Ce mécanisme, formalisé depuis 2022, demeure l’un des dispositifs centraux de continuité opérationnelle de l’ISS. Les missions récentes montrent que ces équipages mixtes sont toujours en vigueur en 2026.
La fin du programme ne passera pas par un abandon de la station sur orbite. La NASA prépare depuis plusieurs années un scénario de désorbitage piloté, destiné à faire redescendre progressivement l’ensemble pour une rentrée atmosphérique contrôlée. Son bureau d’inspection générale évoque explicitement l’objectif d’une opération sûre en 2031, et l’agence a retenu en 2024 SpaceX pour développer le véhicule chargé d’accompagner cette phase terminale. Une présentation communautaire de l’ESA diffusée en 2025 mentionne, à ce stade, un départ du dernier équipage au milieu de 2030 puis une rentrée nominale en janvier 2031.
Le principe technique est connu. La station doit être freinée afin d’abaisser son orbite jusqu’à la rentrée dans l’atmosphère, où la plus grande partie de sa structure se consumera. Les plans américains prévoient de limiter au maximum le risque au sol en encadrant la trajectoire de retombée des fragments qui ne brûleraient pas entièrement. La zone de référence habituellement associée à ce type d’opération se situe dans le Pacifique Sud, dans un secteur maritime très isolé souvent utilisé pour la rentrée d’engins spatiaux hors service. Les débris survivants tomberont dans une zone inhabitée du Pacifique Sud, près du Point Nemo, surnommé le « cimetière des engins spatiaux ».
Mise en service à partir de 1998 et occupée en continu depuis novembre 2000, l’ISS est le plus vaste programme spatial civil mené en commun par les États-Unis, la Russie, l’Europe, le Japon et le Canada. Sa prolongation jusqu’en 2030 doit permettre d’achever les recherches en microgravité engagées sur la décennie et d’organiser la transition vers des plateformes commerciales en orbite basse que la NASA veut voir prendre le relais. Cette séquence marque aussi la fin annoncée d’un des rares cadres de coopération institutionnelle restés actifs entre Russes et Américains.
Au-delà de 2030, il n'y aura plus aucun espace de coopération, y compris scientifique, entre l'Ouest et la Russie, ce qui est un échec collectif.
Sources :
- « Biden-Harris Administration Extends Space Station Operations Through 2030 » — nasa.gov
- « NASA’s Management of Risks to Sustaining ISS Operations through 2030 » — oig.nasa.gov
- « ISS COMMUNITY BRIEFING » — esa.int
- « Commercial Crew Program Press Kit » — nasa.gov
- « US-Russian crew arrives at the International Space Station for 8-month mission » — apnews.com