Alors que les débats font rage sur le financement du Centre national du cinéma et de l’image animée, le rôle de la commission de l’audiovisuel français et l’arrivée des intelligences artificielles génératives dans toute la chaîne de production cinématographique, un paradoxe frappant apparaît. Une production qui s’appuie largement sur le savoir-faire français, suite du plus grand succès mondial récent de l’animation, sort dans une indifférence générale. Il n’y a ni discours politique, ni mise en avant nationale, ni célébration du made in France. Pourtant, derrière Super Mario Bros. le film et ce qu’il annonce pour la suite, se cache une réalité industrielle que l’on préfère ignorer.
Cette réalité, c’est celle d’une industrie française de l’animation parmi les plus performantes au monde, structurée et organisée, capable de produire à très grande échelle. Le cœur de cette production repose en grande partie sur les équipes d’Illumination Mac Guff, basées à Paris, qui rassemblent plusieurs centaines de salariés hautement qualifiés. Animateurs, spécialistes du rendu, du lighting, du compositing, ingénieurs techniques : toute une chaîne industrielle de fabrication de l’image numérique travaille dans l’ombre. Ce ne sont pas des contributions secondaires, mais une part essentielle du film produite en France. Illumination Mac Guff n’en est pas à son premier succès. Le studio est derrière de grands succès mondiaux depuis des années, de Moi, moche et méchant aux Minions, en passant par Tous en scène et Tous en scène 2. En somme, une grande partie de l’animation grand public qui domine le box-office mondial passe, directement ou indirectement, par des équipes françaises à Paris.
Ce niveau d’excellence ne doit rien au hasard. Il s’appuie sur des filières de formation parmi les plus exigeantes au monde. Des écoles comme Gobelins, souvent classée parmi les meilleures à l’international, ou l’École des Ingénieurs de la Ville de Paris (IMAC), forment depuis des années des profils hybrides, à la fois artistiques et techniques, capables de s’intégrer rapidement dans des pipelines industriels complexes. Ces formations alimentent non seulement les studios français, mais aussi l’industrie mondiale, à tel point que l’on retrouve des diplômés français dans la plupart des grandes productions internationales. Cette capacité à former de nombreux talents opérationnels est l’un des piliers invisibles de la force française en animation.
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