L’Europe pourrait subir un net resserrement de son approvisionnement en diesel d’ici à la fin de 2026, selon une note de Morgan Stanley. La banque anticipe une baisse régulière des stocks à partir d’août, jusqu’à un creux proche de 299 millions de barils en novembre, soit le niveau le plus bas pour cette période de l’année depuis au moins 2015.
Les analystes de Morgan Stanley, dont Martijn Rats, décrivent un marché « réellement tendu ». Ils estiment que le principal goulet d’étranglement ne se situe pas du côté du pétrole brut, mais du raffinage. Autrement dit, la difficulté porte moins sur l’accès au brut que sur la capacité à le transformer en carburants disponibles pour la consommation européenne.
Cette alerte intervient alors que les marchés mondiaux de l’énergie restent travaillés par les effets de la reprise du conflit au Moyen-Orient entre les États-Uniset l'Iran, avec peu d'options d'issue pacifique pour le momen.
Le diesel occupe une place centrale. Il alimente le transport routier, une partie de l’industrie, la logistique et plusieurs usages agricoles. Quand ce produit se tend, ce sont les coûts de circulation des marchandises et une part de l’activité productive qui se renchérissent ou qui peuvent risquer de stopper momentanément créant des conséquences logistiques négatives en chaîne. Le diesel est produit par transformation du pétrole lourd, qu'on trouve dans le Golfe et en Russie, mais peu aux États-Unis
Ce diagnostic éclaire une faiblesse plus profonde. L’Europe demeure exposée sur les produits raffinés, alors même que la question énergétique est souvent ramenée aux seuls volumes de brut. Ce choix traduit des années de dépendance à des chaînes d’approvisionnement fragmentées et à des capacités industrielles insuffisantes sur le continent. Quand le raffinage se grippe, la souveraineté énergétique se révèle incomplète, et la facture finit par remonter vers les ménages et les secteurs populaires les plus dépendants du transport.
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