Le coût d’emprunt de l’État américain a fortement progressé mardi 19 mai, les investisseurs anticipant une inflation plus persistante dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de maintien prolongé de taux élevés par la Réserve fédérale américaine (Fed).
Le rendement des obligations américaines à 30 ans a franchi le seuil des 5,2 %, un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2007, avant la crise financière mondiale. Le taux à 10 ans, référence majeure pour les marchés financiers et les crédits aux États-Unis, évoluait également à des niveaux élevés, au-dessus de 4,6 %.
Les marchés craignent qu’une hausse durable des prix de l’énergie, alimentée par les risques d’escalade régionale au Moyen-Orient, entretienne les tensions inflationnistes aux États-Unis. Cette perspective réduit les anticipations de baisse rapide des taux directeurs de la Fed, alors que plusieurs responsables monétaires américains ont récemment appelé à la prudence face à une inflation jugée encore trop élevée.
Cette remontée des taux d’intérêt se répercute directement sur l’économie américaine. Les crédits immobiliers restent à des niveaux historiquement élevés, freinant l’accès au logement et les projets d’achat des ménages. Du côté des entreprises, le coût du financement augmente également, ce qui peut ralentir les investissements et les recrutements.
La hausse des rendements obligataires accroît par ailleurs la charge de la dette fédérale américaine, déjà alourdie par des déficits publics importants. Plusieurs analystes soulignent que le franchissement du seuil symbolique des 5 % sur le 30 ans américain constitue un signal de nervosité durable des marchés face aux perspectives économiques et géopolitiques.