En 1917, Washington achetait au Danemark les îles Vierges pour barrer la route à l’Allemagne. Aujourd’hui, le Groenland est dans le viseur pour contenir Russie et Chine. Derrière la sécurité invoquée, une constante : l’expansion stratégique américaine.
Tandis que la rue iranienne gronde et que la répression s’intensifie, le régime tient. Non par légitimité, mais face à une opposition éclatée, sans leadership ni stratégie commune. Autopsie d’un paradoxe politique majeur au cœur de la crise iranienne.
L’Union européenne découvre aujourd’hui sa faiblesse face à Washington. Pourtant, cette impuissance n’est ni une surprise ni un accident, elle est le résultat logique d’une construction qui a méthodiquement sacrifié les souverainetés nationales. Une solution, refaire France !
Le 27 décembre 1974, plusieurs dizaines de mineurs meurent au fond de la mine de Liévin. Depuis plusieurs semaines, des alertes avaient été lancées, mais ignorées. Les budgets de sécurité avaient été rognés et l’exigence de rendement sans cesse maintenue. Aucun dirigeant ne sera jamais condamné.
« Quarante-deux garçons sont restés au fond par ma faute. J’étais responsable de leur sécurité et je passais mon temps à leur dire : "Si on fait trop de sécurité, on ne fait pas de rendement." Le rendement, les économies, c’était l’obsession de la Compagnie. Une politique brutale imposée à tous. » - Sorj Chalandon, Le jour d’avant, 2017
Le 27 décembre 1974, à 6 h 15, une explosion survient dans la galerie de la fosse Saint-Amé. Dans cette galerie du bassin du Nord-Pas-de-Calais, une détonation sèche déchire la taille numéro 6. En quelques secondes, le souffle traverse la veine, arrache les étais, retourne les berlines, carbonise les vêtements et broie les corps. Quarante-deux mineurs meurent presque instantanément. Les premiers sauveteurs, descendus quelques dizaines de minutes plus tard, avancent dans une obscurité calcinée. Ils décrivent une galerie où l’air « mord la gorge », signe typique d’une explosion de grisou amplifiée par un coup de poussières. Sur le sol, la poussière carbonée forme une pellicule fine, presque régulière, preuve que la déflagration s’est propagée rapidement.
Rien ici ne ressemble à un accident imprévisible. Dans les semaines qui suivent, les rescapés, les familles, les syndicats et les enquêteurs vont reconstituer la chaîne des responsabilités. Ce qu’ils découvrent n’est pas une fatalité, mais la conséquence d’un système : une industrie minière poussée au bout de la logique du rendement au détriment de la sécurité des travailleurs. Le procès qui s’ensuit, révèle une autre vérité, plus troublante encore : l’incapacité (ou le refus) de notre société à tenir les dirigeants pour responsables des catastrophes qu’ils ont rendues possibles.
Les alertes ignorées Dans ce chantier classé à fort dégagement de méthane, les mineurs alertaient depuis des semaines sur le danger, mais rien n’y faisait, la direction poussait à la production. Le jour même de l’explosion, plusieurs rescapés affirment devant les journalistes que « ça devait arriver », que le chantier « tenait avec des bouts de ficelle », que « partout ça gueulait pour la ventilation ». Dans les semaines précédant le drame, des mineurs s’étaient même mis en grève pour exiger la réparation d’un capteur de grisou instable. L’outil électronique, essentiel dans un chantier aussi profond, donnait des valeurs « en dents de scie ».
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