En ce moment où chacun pense aux parents de la pauvre petite Lyhanna, qui ont perdu leur enfant dans des circonstances affreuses, on peut retrouver une traduction de ce qu'ils ressentent dans les magifiques vers des Contemplations, livre IVe, intitulé Pauca meae, en particulier de trois poèmes qui se suivent et qui évoquent la petite fille qui fut si importante pour le grand poète qui symbolise, comme le dit Régis Debray, le génie français.
IV
Oh ! je fus comme fou dans le premier moment,
Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement.
Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,
Pères, mères, dont l’âme a souffert ma souffrance,
Tout ce que j’éprouvais, l’avez-vous éprouvé ?
Je voulais me briser le front sur le pavé ;
Puis je me révoltais, et, par moments, terrible,
Je fixais mes regards sur cette chose horrible,
Et je n’y croyais pas, et je m’écriais : Non !
— Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom
Qui font que dans le cœur le désespoir se lève ? —
Il me semblait que tout n’était qu’un affreux rêve,
Qu’elle ne pouvait pas m’avoir ainsi quitté,
Que je l’entendais rire en la chambre à côté,
Que c’était impossible enfin qu’elle fût morte,
Et que j’allais la voir entrer par cette porte !
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