Le pétrole franchit de nouveau la barre des 110 dollars le baril sur les marchés de référence. Ce seuil marque le retour d’une forte tension énergétique mondiale, nourrie par les crises géopolitiques, les contraintes logistiques et la fragmentation croissante des échanges.
Mais derrière ce prix officiel, un autre marché se structure. Selon plusieurs sources non publiques citées par l’auteur de l’alerte, le pétrole physique s’échangerait désormais autour de 150 dollars le baril en moyenne dans certains circuits directs. Il s’agit d’achats d’État à État, de cargaisons négociées hors places traditionnelles ou de flux réorientés pour contourner sanctions, quotas et intermédiaires historiques.
La sortie annoncée des Émirats arabes unis de l’OPEP accentue ce basculement. Ce départ fragilise un cartel déjà confronté à des intérêts divergents entre producteurs. Il traduit aussi l’affaiblissement des mécanismes collectifs censés stabiliser l’offre mondiale.
Parallèlement, les ventes russes parallèles et les accords bilatéraux entre États renforcent une logique de rapports de force. Les grandes puissances sécurisent leurs approvisionnements par contrats directs, tandis que les pays les plus dépendants subissent la hausse des coûts.
Ce choix traduit une désorganisation profonde du marché mondial de l’énergie. Le prix affiché sur les places financières ne résume plus la réalité des transactions. Il est permis de s’interroger sur la capacité des économies importatrices, notamment européennes, à absorber durablement ce choc sans nouvelles hausses sur les carburants, le chauffage et l’industrie.