Goldman Sachs a relevé ses prévisions sur le pétrole, jugeant que les risques de perturbation de l’offre restent élevés alors que le Brent évolue déjà autour de 109 dollars le baril. Ce niveau dépasse la prévision de la banque pour décembre 2026, fixée à 105 dollars. La banque attribue l’essentiel de la hausse récente à une prime de risque d’environ 27 dollars, nourrie par les menaces sur l’offre au Moyen-Orient et par l’absence de percée diplomatique durable.
Son scénario central intègre désormais une perturbation de l’offre mondiale de 1 million de barils par jour en 2027. Goldman Sachs ajoute à ce risque les effets d’une fragmentation géopolitique plus large, qui pèse sur la stabilité des approvisionnements. Le marché reste ainsi suspendu à des facteurs politiques et militaires qui débordent largement les seuls fondamentaux de production et de demande.
Dans son scénario haussier, la banque estime que le Brent pourrait atteindre 140 dollars le baril en 2027 si la production du Golfe restait inférieure de 3,5 millions de barils par jour à sa moyenne de 2025. Elle envisage même un prix moyen proche de 130 dollars sur l’année dans cette hypothèse.
À l’inverse, un scénario de détente ramènerait le Brent dans la zone des 60 dollars si la production augmentait nettement et si les perturbations redoutées ne se matérialisaient pas.
Mais ce dernier scénario est largement improbable compte tenu des destructions déjà subies dans le conflit déclenché par les Etats-Unis contre l'Iran, le conflit Houtis/Arabie Saoudite et les risques de nouvelles escalades américaine contre l'Iran. En fait les scénarios de Goldman Sachs pourraient être pires encore.
Cette lecture confirme la réalité du fait que le prix du pétrole reste prisonnier des rapports de force militaires et diplomatiques. Quand quelques grands producteurs concentrent une telle part de l’offre mondiale, la facture énergétique des ménages et des économies dépend d’abord de crises qu’aucun marché ne sait neutraliser. Pour les pays importateurs, cette vulnérabilité rappelle le coût social et industriel d’une dépendance durable aux hydrocarbures et à des routes d’approvisionnement exposées.
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