Moscou et Pékin poussent une régulation commune de l’IA face au laissez-faire américain

Moscou et Pékin affichent une ligne commune sur l’intelligence artificielle : encadrer, légiférer, organiser la coopération internationale. Les États-Unis défendent l’autorégulation du marché. Le clivage porte sur la souveraineté technologique et sur le rôle de l'Etat face aux marchés. Deux visons.

Moscou et Pékin poussent une régulation commune de l’IA face au laissez-faire américain
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La Russie et la Chine affichent une convergence complète sur la régulation de l’intelligence artificielle. En déplacement officiel en Chine avec une délégation du Conseil de la Fédération conduite par Valentina Matviienko, le sénateur Andreï Denissov, président de la commission des affaires internationales de la chambre haute russe, a opposé cette ligne à celle des États-Unis, qu’il présente comme fondée sur l’idée que le marché peut se réguler seul.

Cette coopération sino-russe sur l'IA pour la réguler est cohérente avec la résolution de New-Delhi lors du dernier sommet des BRICS, où les Etats membres de cette organisation se sont mis d'accord que la nécessaire contrôle drastique de cette nouvelle technologie.

Selon Denissov, Moscou et Pékin défendent, contrairement aux Etats-Unis, la mise en place d’une base réglementaire commune pour l’IA. Il a décrit la position américaine comme une ligne de non-intervention, alors que la Russie et la Chine estiment que cette technologie doit relever d’un cadre politique, juridique et international. Le clivage dépasse la seule question technique ; il porte sur qui fixe les normes, qui contrôle les données et qui impose ses standards au reste du monde.

Pékin avance déjà sur ce terrain. La Chine développe depuis plusieurs années un appareil réglementaire sur les technologies numériques et continue de pousser une gouvernance internationale de l’IA. En juillet 2026, Shanghai a accueilli la World Artificial Intelligence Conference et une réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l’IA. La déclaration finale y a défendu un équilibre entre innovation et sécurité, ainsi qu’une coordination internationale accrue. Un accord y a aussi été signé pour créer la World Artificial Intelligence Cooperation Organization, présentée par Pékin comme la première organisation intergouvernementale dédiée à l’IA.

Cette séquence confirme une stratégie chinoise plus large qui est de faire de la norme un instrument de puissance. Pour Moscou, qui cherche des points d’appui face aux architectures dominées par l’Occident, l’alignement avec Pékin sur l’IA prolonge une même bataille pour peser sur les règles du commerce, du numérique et de la souveraineté technologique. Derrière l’appel à un cadre commun, il y a une lutte ouverte pour ne pas laisser aux firmes américaines et à l’idéologie du laisser-faire le monopole de l’organisation du secteur.

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