Washington renforce son dispositif aérien en Israël et prépare une nouvelle attaque contre l’Iran

Le déploiement d’avions-ravitailleurs américains en Israël s’intensifie, avec une présence signalée sur les tarmacs de Ben Gourion et Ramon. Cette montée en puissance nourrit l’hypothèse d’une nouvelle frappe contre l’Iran et d’un embrasement régional aux effets mondiaux.

Washington renforce son dispositif aérien en Israël et prépare une nouvelle attaque contre l’Iran
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L’activité de l’aviation militaire américaine en Israël s’accroît de nouveau, sur fond de tension persistante avec l’Iran. Des médias israéliens font état d’un mouvement renforcé d’appareils américains sur les aéroports du pays. Le dispositif alimente l’hypothèse d’une nouvelle phase de bombardements américains contre l’Iran, avec un objectif présenté comme double : frapper l’économie iranienne et tenter, une fois encore, de provoquer un soulèvement populaire contre le régime de Téhéran.

Cette logique de coercition n’a rien d’une démonstration limitée. Elle vise à mettre l’Iran économiquement KO par la force, en pariant sur un effondrement intérieur que rien, à ce stade, ne garantit. Les chances d’un tel basculement apparaissent faibles. En revanche, le risque d’une riposte iranienne massive est quasi certain, avec des conséquences qui dépasseraient de très loin le seul théâtre irano-américano-israélien.

Selon le canal 14 de la télévision israélienne, plus de 80 avions américains de ravitaillement en vol sont présents en Israël dans le cadre d’une vaste opération aérienne américaine au Moyen-Orient. D’autres médias israéliens ont, ces derniers mois, confirmé la présence durable de dizaines d’appareils américains de ravitaillement et de transport sur les aéroports israéliens, en particulier à Ben Gourion et Ramon. Le Jerusalem Post a notamment rapporté en juillet que des dizaines d’avions-ravitailleurs américains devaient être déployés sur des bases de l’armée israélienne et à l’aéroport Ramon. Ynet et le Times of Israel ont également fait état d’une flotte d’environ 70 à 75 appareils américains occupant des capacités de stationnement à Ben Gourion et Ramon.

Un grand nombre d’avions américains de ravitaillement, principalement des KC-135 Stratotanker, ont été observés à l’aéroport international Ramon, près d’Eilat, dans le sud d’Israël. D’autres KC-135 et des avions-cargos C-17 ont aussi été repérés à Ben Gourion lors de précédents renforcements du dispositif américain. Ce maillage logistique ne relève pas d’un simple transit. Il prépare la durée, l’allonge et l’intensité d’opérations aériennes de grande ampleur dans la région.

Dans les semaines précédentes, Washington a en outre livré à Israël des milliers de méga-bombes de 2 tonnes. Des informations de presse américaines ont évoqué des ventes ou transferts portant sur des dizaines de milliers de bombes de 2.000 livres, dont des MK-84 et BLU-117, c’est-à-dire des munitions conçues pour des frappes lourdes. Ce choix traduit une montée assumée dans l’échelle de la destruction et une nouvelle dépendance d’Israël à l’arsenal américain pour conduire une guerre de très haute intensité.

L’hypothèse d’une offensive élargie contre l’Iran ouvre, en retour, le scénario d’une riposte iranienne visant non seulement Israël mais aussi les infrastructures vitales et économiques des pays du Golfe. Les centres de données occidentaux et les câbles internet sous-marins sont aussi mentionnés parmi les cibles possibles. Une telle riposte reviendrait à faire sauter plusieurs verrous de sécurité à la fois : énergie, logistique, connectivité numérique et circulation des données. Ce serait une catastrophe d’ampleur mondiale, au prix d’une fuite en avant militaire dont les peuples de la région paieraient le coût immédiat, mais l'économie mondiale également.

L’accumulation de ravitailleurs, la mobilisation d’aéroports civils israéliens pour des usages militaires et l’acheminement de bombes lourdes dessinent une mécanique de guerre qui dépasse la seule posture dissuasive. Elle installe la région dans une logique d’escalade permanente. Il est permis de s’interroger sur la finalité politique réelle d’une stratégie qui prétend remodeler un pays par l’étranglement et le bombardement, au risque d’embraser le Golfe, de frapper les réseaux mondiaux et d’étendre encore la guerre par procuration menée au nom des intérêts de Washington et de ses alliés.

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