VivaTech ou la vitrine d’une souveraineté introuvable

Derrière les robots, les démonstrations d’IA et les levées de fonds, notre visite de VivaTech révèle une réalité plus contrastée. Effacement du français, dépendance aux technologies étrangères, financiarisation de l’innovation et souveraineté numérique encore largement introuvable.

VivaTech ou la vitrine d’une souveraineté introuvable
© Vivatech.
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Ce vendredi 19 juin, les équipes de Fréquence Populaire se sont rendues au salon VivaTech. Pour un média qui suit depuis plusieurs années les questions de transformation numérique, de souveraineté technologique, d’innovation industrielle et d’indépendance stratégique, il était difficile d’ignorer ce qui est devenu le principal rendez-vous français consacré aux nouvelles technologies. L’objectif était simple. Observer concrètement ce qu’est devenue la French Tech après près de dix années de macronisme, mesurer les effets des politiques de séduction du capital international comme Choose France et comprendre ce que l’écosystème technologique français produit réellement aujourd’hui. Un reportage vidéo sera publié dans les prochains jours, mais plusieurs constats se sont imposés immédiatement et méritent déjà réflexion.

Le premier choc est probablement le plus symbolique. Il apparaît avant même de franchir les portes du salon. Lors de l’inscription, puis à l’arrivée sur place, une évidence saute aux yeux. La langue française semble avoir disparu. Site internet, signalétique, communications, documents de présentation, tout semble conçu comme si l’anglais était devenu la langue naturelle de l’événement. Certes, quelques documents destinés aux journalistes existaient également en français, mais l’impression générale demeure celle d’un salon français organisé en France où le français n'existe même plus comme une langue secondaire. Interrogés sur ce point, plusieurs organisateurs nous ont expliqué que ce choix répondait à la volonté d’attirer les investisseurs étrangers. L’argument peut sembler recevable de prime abord, mais il ne résiste pas longtemps à l’observation de ce qui se pratique partout ailleurs dans le monde.

On a bien essayé de trouver comment changer de langue mais rien meme pas un petit drapeau français

Lorsque l’on se rend dans un salon technologique en Russie, en Chine, au Brésil, en Inde ou même dans la plupart des pays européens, la langue nationale reste la langue principale. L’anglais est présent, parfois très visible, mais il demeure une langue de traduction destinée aux visiteurs étrangers. La différence est loin d’être anecdotique. Elle traduit un rapport à soi-même. Une nation qui conserve sa langue au centre de son dispositif de communication affirme implicitement que sa culture possède une valeur propre et qu’il appartient aux visiteurs de s’adapter à elle autant qu’elle s’adapte à eux. À l’inverse, une nation qui abandonne sa langue avant même l’arrivée des visiteurs envoie un message très différent. Elle indique que l’attractivité internationale suppose un effacement préalable de sa propre identité.

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