Colombie : la doctrine « Donroe » en marche accélérée

Après l’Argentine, le Chili, le Venezuela et le Pérou, la Colombie bascule dans l'escarcelle de Washington. Avec De la Espriella, les Etats-Unis poursuivent leur reconquête de l’Amérique latine. Marco Rubio est à l'organisation du retour de la doctrine Monroe. Et Cuba sera la prochaine cible.

Colombie : la doctrine « Donroe » en marche accélérée
Bannière de campagne de Abelardo de la Espriella à l'entrée du siège de son parti à Barranquilla en Colombie © Rodrigo Abd - Associated Press - SIPA
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Abelardo de la Espriella a prêté serment vendredi 7 août comme président de la Colombie à Cali plutôt que Bogotá comme lieu choisi pour la cérémonie. La portée géopolitique de l’événement est majeure : avec l’arrivée au pouvoir de ce conservateur de 48 ans, c’est l’un des États les plus stratégiques d’Amérique du Sud qui revient brutalement dans l’orbite de Washington. Les États-Unis n’auront pas attendu longtemps pour transformer l'essai et montrer qui est le maître Dès le lendemain de l’investiture, ce samedi 8 août, le département d’État [ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis. NDLR], dirigé par Marco Rubio, annonçait un programme d’aide militaire d’un milliard de dollars au nouveau gouvernement colombien. Rarement changement de cap aura été aussi rapidement récompensé et allégeance entérinée.

De la Espriella succède à Gustavo Petro après avoir remporté, le 21 juin, un second tour des élections présidentielles extraordinairement serré contre le sénateur de gauche Iván Cepeda. Selon les résultats préliminaires, De la Espriella obtenait 49,66 % des suffrages contre 48,70 % à son adversaire, dans un scrutin marqué par une participation record de 63,6 %. La mission de l'Union européenne a jugé le système de gestion des résultats fiable et conforme aux standards de transparence et de traçabilité... tout comme le Carter Center [fondation américaine œuvrant pour « la paix et la démocratie » et créée par le Président américain Jimmy Carter. NDLR], malgré les très nombreuses alertes de fraudes revendiquées par le candidat de gauche. Rien ne permet, en l’état des éléments publics, d’affirmer que Washington aurait falsifié les urnes ou manipulé le décompte. Mais réduire l’ingérence étrangère à la seule fraude électorale serait adopter une définition singulièrement restrictive de l’ingérence, car politiquement, diplomatiquement et financièrement Washington n’avait guère dissimulé son choix en menant ouvertement campagne pour De la Espriella – un cas d'ingérence flagrante qui ne fait pas les choux gras des médias occidentaux.

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