Colère agricole à Auch : quand le pouvoir braque ses armes sur ceux qui nous nourrissent
La scène paraît irréelle. Un directeur départemental de la Police nationale qui dégaine son arme face à un agriculteur au volant de son tracteur. Deux de ses subordonnés l’imitent aussitôt. Et un gouvernement qui, loin de condamner fermement cet usage extrême de la force en contexte de manifestation, couvre l’initiative en plaçant… le conducteur du tracteur en garde à vue. L’épisode survenu à Auch dans le Gers, alors que des agriculteurs protestaient contre la gestion sanitaire calamiteuse de la dermatose bovine et plus largement contre des politiques qui étranglent leur profession, constitue un tournant inquiétant.
Car derrière le fait divers policier, c’est bien la gestion politique de la colère agricole qui apparaît au grand jour : intimidation, répression ciblée et volonté manifeste de rappeler qui détient le monopole de la contrainte. Le tout dans un climat où le pouvoir central, fortement ébranlé par les reculs imposés sur le Mercosur et d’autres dossiers agricoles, semble désormais redouter toute nouvelle mobilisation rurale.
Une arme pointée contre un paysan où la ligne rouge du maintien de l’ordre
Les faits sont connus. Dans la soirée, un agriculteur manœuvre son tracteur devant le siège d’un journal local, dans le cadre d’une action symbolique et bruyante, sans menaces physiques caractérisées envers quiconque. S’ensuit une séquence rare. Face au véhicule qui avance lentement et sans trajectoire offensive manifeste, des policiers tirent leur arme et la braquent vers l’agriculteur. Les images, filmées de l’intérieur du tracteur, ne laissent aucune place au doute.
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