La pauvreté est repartie à la hausse en Argentine au premier semestre 2026. Elle a touché 32,3% de la population des agglomérations urbaines, contre 28,2% au second semestre 2025. L’extrême pauvreté a elle aussi progressé, de 6,3% à 7,5%. Cette remontée efface une large part du reflux observé ces derniers mois sous la présidence de Javier Milei.
Le choc est d’abord social. Parmi les moins de 15 ans, 44,5% vivent sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre dit l’essentiel d’un ajustement qui continue de se payer dans les foyers populaires, alors même que le pouvoir revendique la stabilisation macroéconomique. Quand la pauvreté infantile grimpe à ce niveau, la facture ne relève plus d’un simple indicateur conjoncturel mais d’un choix de répartition.
Les revenus n’ont pas suivi. Le revenu par habitant des ménages a augmenté de 11,5% sur la période, mais le coût du panier de biens de base servant à fixer le seuil de pauvreté a bondi de 19,6%. L’écart montre une mécanique connue : les salaires et revenus sociaux progressent moins vite que les dépenses indispensables. Ce dispositif revient à faire porter l’ajustement sur la consommation vitale des ménages.
La dégradation est d’autant plus nette qu’elle inverse une partie de la baisse récente de la pauvreté. Derrière les discours sur l’assainissement économique, les chiffres rappellent une réalité plus brute : quand les revenus courants décrochent face aux prix de l’alimentation, du logement et des besoins essentiels, la désinflation ne suffit pas à protéger les classes populaires.
Sources :
- « Pobreza e indigencia » — indec.gob.ar
- « INDEC Informa. Año 31, nº 4 - Abril de 2026 » — indec.gob.ar