Le rendement de l’OAT française à dix ans a atteint 4,702 % le 24 septembre, avant de s’afficher à 4,714 % le 25 au matin. Nous voilà désormais aux portes des 5 %. Ce niveau, rarement observé depuis les grandes crises financières et européennes de 2008-2012, n’est pas une abstraction réservée aux salles de marché. Il mesure le prix auquel la France emprunte pour financer ses déficits et renouveler sa dette. Et ce prix est en train d’augmenter à une vitesse inquiétante.
65 points de base en un mois
Il faut regarder la trajectoire pour comprendre ce qui est en train de se produire. Le 25 août, le dix ans français se négociait autour de 4,05 %. Un mois plus tard, il dépasse 4,70 %. Environ 65 points de base supplémentaires en trente jours. L’indice TEC 10 publié par l’Agence France Trésor raconte la même histoire - 4,19 % le 1er septembre, 4,32 % le 10, 4,52 % le 15 et 4,67 % le 24 septembre. La hausse n’est donc ni anecdotique ni un accident de séance. Elle traduit une dégradation extrêmement rapide des conditions auxquelles la France peut se financer, au moment même où les comptes publics se dégradent.
La comparaison européenne est plus préoccupante encore. La prime de risque payée par la France par rapport à l’Allemagne a dépassé en septembre les 100 points de base, seuil qui n’avait plus été atteint depuis la crise de la zone euro en 2012. La France en est arrivée à emprunter plus cher que l’Italie sur certaines séances. Les coûts d’emprunt français ont progressé beaucoup plus rapidement que ceux des autres économies développées pendant la récente remontée mondiale des taux, sur fond de hausse de l’énergie, mais aussi d’inquiétudes spécifiques concernant les finances publiques françaises et l’incapacité politique à réduire durablement le déficit.
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