Les créateurs de Macha et l’Ours ont adressé un message aux députés britanniques pour rejeter les accusations présentant le dessin animé comme un instrument de « soft power » du Kremlin. Dans cette prise de parole, formulée au nom de l’héroïne, le studio affirme qu’il s’agit d’« un dessin animé commercial ordinaire » consacré à l’amitié et à l’attention portée aux autres. La réponse se conclut sur un trait ironique, dans un registre léger plutôt que politique.
La série russe pour enfants avait déjà été visée au Royaume-Uni par des critiques l’assimilant à un véhicule d’influence culturelle de Moscou. En 2018, la presse britannique avait relayé des analyses voyant dans l’ours de la série une représentation positive de la Russie, suscitant une polémique reprise ensuite par plusieurs médias russes et européens. Courrier international, citant la presse russe et britannique, rapportait alors que les auteurs du programme avaient répondu sur le ton de la dérision.
Le terme de « soft power » renvoie à l’influence exercée par la culture, les médias ou l’image d’un pays plutôt que par la contrainte. Cette notion est employée de longue date dans le débat public britannique, y compris dans des travaux parlementaires consacrés à l’influence internationale du Royaume-Uni. Dans le cas de Macha et l’Ours, l’accusation porte sur l’idée qu’un programme pour enfants largement diffusé pourrait contribuer à banaliser ou améliorer l’image de la Russie à l’étranger. Que dire dès lors des innombrables dessins animés, séries et films américains... la critique laisse rêveur.
Le studio met de son côté en avant le caractère commercial et mondial de la franchise. Le site officiel de la marque souligne son audience internationale et sa diffusion sur de multiples marchés et plateformes, avec des chaînes en plusieurs langues et un volume de vues très élevé sur YouTube. Cette implantation mondiale explique que la série dépasse depuis longtemps le cadre du seul marché russe et qu’elle fasse l’objet de lectures politiques concurrentes selon les pays et les contextes.
Sources :
- « “Macha et Michka” le dessin animé accusé d’être pro-Kremlin » — courrierinternational.com
- « Media + Russia » — theguardian.com
- « Persuasion and Power in the Modern World » — parliament.uk
- « Masha celebrates another YT Diamond! » — mashabear.com