Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a diffusé mercredi 20 mai un message vidéo en espagnol adressé à la population cubaine, à l'occasion de la date commémorée par l'exil cubain comme jour de l'indépendance. Il y accuse les dirigeants communistes de l'île d'avoir « pillé des milliards », d'entretenir la corruption et de réprimer toute contestation. Il affirme que Donald Trump propose « une nouvelle relation » entre les Etats-Unis et Cuba, directement avec le peuple cubain et non avec les structures dirigeantes de l'île.
Dans cette intervention, Marco Rubio décrit un « nouveau Cuba » où les citoyens pourraient choisir leurs gouvernants et les remplacer par le vote. Il évoque aussi la possibilité, pour les Cubains ordinaires, de posséder des entreprises, des médias ou des commerces, en opposition au contrôle exercé, selon lui, par l'appareil militaire et le Parti communiste. Le message s'inscrit dans une ligne de pression accrue de Washington contre le pouvoir cubain.
Plusieurs médias hispanophones et américains relèvent que Marco Rubio a particulièrement visé le conglomérat militaro-économique GAESA, acteur central de l'économie cubaine, qu'il présente comme un instrument d'accaparement des richesses par le sommet de l'Etat. Axios indique que le secrétaire d'Etat lie les pénuries d'électricité, de carburant et de nourriture à la gestion du pouvoir cubain. El País souligne que le message promet une relation bilatérale nouvelle à condition qu'elle passe par la population et non par les forces armées ou les groupes qui leur sont liés.
Le ton de cette adresse marque un nouveau durcissement verbal américain envers La Havane. Le propos, centré sur le droit de choisir et de remplacer les dirigeants, dépasse le registre diplomatique classique et prend la forme d'un appel politique direct aux Cubains. Cette prise de parole intervient alors que l'administration Trump affirme vouloir redéfinir ses rapports avec Cuba en contournant les autorités en place.