La Malaisie occupe une place établie dans la chaîne mondiale des semi-conducteurs sur les activités d’assemblage, de test et de packaging, le segment dit « back-end ». Des documents publics de l’agence malaisienne de promotion des investissements MIDA indiquent que le pays représente environ 13% du volume mondial de ces opérations et figure parmi les premiers exportateurs mondiaux du secteur. Le gouvernement malaisien cherche désormais à remonter en gamme vers l’encapsulation avancée, la conception et certaines capacités de production plus en amont.
Cette spécialisation est ancienne et attire toujours des investissements industriels. Intel a annoncé dès 2021 une nouvelle usine d’assemblage et de packaging en Malaisie, tandis qu’Infineon a engagé plusieurs milliards d’euros sur son site de Kulim pour étendre ses capacités dans les semi-conducteurs de puissance. Le Monde relevait en avril 2024 que la Malaisie profitait du redéploiement des chaînes de production en Asie, mais restait fortement concentrée sur les étapes de test et d’emballage, moins avancées technologiquement que la fabrication des wafers.
Le chiffrage d’une hausse de 36,9% des exportations n’a pas été confirmé ici pour les seules exportations de semi-conducteurs. Les données publiques consultées confirment un rebond du commerce extérieur malaisien en 2024, tiré en partie par l’électronique et l’électrique, sans permettre d’attribuer de façon certaine ce pourcentage précis au seul segment des puces.
La question russe porte moins, à ce stade, sur un approvisionnement officiel massif que sur des circuits commerciaux contestés. En 2024, les Etats-Unis ont sanctionné la société malaisienne Jatronics pour ses liens allégués avec des fournisseurs de l’industrie militaire russe. Le ministère malaisien du Commerce et de l’Industrie a ensuite affirmé que cette entreprise n’était pas un fabricant de semi-conducteurs, mais une société de négoce enregistrée en Malaisie. D’autres travaux cités dans la presse évoquent la Malaisie comme l’un des points d’origine ou de transit de composants ensuite réacheminés vers la Russie.
Cette situation place Kuala Lumpur sous pression croissante. Les autorités malaisiennes défendent leur conformité aux régimes multilatéraux et cherchent à préserver l’attractivité du pays pour les grands groupes des puces. En parallèle, les partenaires occidentaux renforcent depuis 2024 leur attention sur les ventes, les intermédiaires commerciaux et les réexportations de composants sensibles via des pays tiers.
Sources :
- « Beyond Assembly Lines: Powering Malaysia’s Rise in Semiconductor and High-Tech Frontiers » — mida.gov.my
- « La Malaisie profite du “derisking” des multinationales avec la Chine » — lemonde.fr
- « La Malaisie veut attirer plus de 100 milliards de dollars d’investissement dans les puces » — usinenouvelle.com
- « Jatronics Not A Semiconductor Manufacturer In Malaysia, Miti Clarifies » — bernama.com
- « Malaysia’s chip industry falls in the crosshairs of US sanctions on Russia » — aljazeera.com