La cour d’appel de Paris commence à 13 h 30, ce mardi 7 juillet 2026, la lecture de son arrêt dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national. Marine Le Pen comparaît avec d’autres prévenus dans ce dossier de détournement présumé de fonds du Parlement européen. L’annonce ne doit pas se limiter à son cas ; la lecture porte sur plusieurs personnes et peut durer plusieurs heures.
L’enjeu dépasse de loin le seul calendrier judiciaire. Marine Le Pen fait appel de sa condamnation prononcée en mars 2025 pour détournement de fonds publics européens, dans un dossier portant sur des emplois d’assistants parlementaires entre 2004 et 2016. La décision de ce mardi pèse directement sur sa capacité à porter les couleurs du RN à l’élection présidentielle de 2027, dans un camp qui pendant des années a fait de sa candidature l’axe central de sa stratégie.
Aucune heure officielle n’est avancée pour le passage concernant Marine Le Pen. Les informations diffusées ce mardi matin indiquent seulement que la lecture du délibéré commence à 13 h 30 et qu’elle doit se prolonger dans l’après-midi. Les observateurs attendent donc les éléments la concernant après le début d’audience, sans pouvoir fixer d’horaire plus précis.
Marine Le Pen doit s’exprimer ce soir au journal de 20 heures de TF1, quelle que soit la décision rendue dans l’après-midi. Ce choix traduit une volonté de verrouiller immédiatement la séquence politique et médiatique autour du verdict.
Depuis plusieurs mois, le Rassemblement national prépare méthodiquement l'hypothèse d'une inéligibilité confirmée de Marine Le Pen. Sans jamais renoncer officiellement à sa candidature, le parti a progressivement installé Jordan Bardella comme une alternative pleinement crédible : multiplication de ses déplacements, renforcement de son exposition médiatique, mise en avant de sa stature présidentielle et message de continuité martelé par les dirigeants du RN.
L'objectif est clair, convaincre les électeurs qu'en cas d'empêchement de Marine Le Pen, le projet, le programme et la stratégie demeureraient inchangés. Ces derniers jours encore, les responsables du RN ont répété que le mouvement serait représenté en 2027 « soit par Marine Le Pen, soit par Jordan Bardella », assurant qu'il s'agirait de « la même campagne » et du « même programme ». Cette préparation vise à éviter toute vacance du pouvoir au sein du parti et à transformer une éventuelle décision judiciaire en simple changement d'incarnation plutôt qu'en crise politique.
Mais la réalité est assez différente de ce récit que tente d'imposer la direction du RN, car durant toute cette période, Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont affrontés, parfois par médias interposés, sur la ligne politique à tenir lors des élections présidentielle, Le Pen défendant l'idée d'un « rassemblement national par delà les clivage gauche droite », Bardella, lui, mettant en place le projet « d'union des droites »... et c'est très différent.
Aujourd'hui, avec le verdict de la cour d'appel, nous saurons qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella portera les couleurs du Rassemblement national lors de l'élection présidentielle de 2027.