Netanyahu s’oppose aux F-35 pour Ankara et ravive les tensions avec la Turquie

Benjamin Netanyahu a mis en garde Washington contre une vente de F-35 à la Turquie, en affirmant qu’elle briserait la supériorité aérienne israélienne au Moyen-Orient. Cette sortie éclaire une rivalité masquée et qui devient de plus en plus ouverte, politique et militaire entre Tel-Aviv et Ankara.

Netanyahu s’oppose aux F-35 pour Ankara et ravive les tensions avec la Turquie
0%

Benjamin Netanyahu a demandé aux Etats-Unis de ne pas vendre de chasseurs F-35 à la Turquie. Sur Fox & Friends, le premier ministre israélien a affirmé qu’une telle décision « bouleverserait l’équilibre des forces » au Moyen-Orient, qu’il lie à la supériorité aérienne d’Israël et à la posture militaire américaine dans la région. L’exécutif israélien fait ainsi de son avantage technologique un verrou politique, au moment où Washington rouvre la discussion avec Ankara, et alors que débute le sommet de l'OTAN dans la capitale turque.

La séquence s’est accélérée le 7 juillet 2026. Donald Trump a annoncé la levée de sanctions américaines prises après l’achat par la Turquie du système russe S-400, sanction qui avait conduit à l’exclusion d’Ankara du programme F-35. La Turquie voulait 116 F-35 américains, mais elle a été éjectée du programme après l'achat d'armes russes. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré attendre un « résultat positif » sur ce dossier pendant le sommet de l’OTAN à Ankara. Ce choix traduit une logique de marchandage militaire où l’Alliance atlantique sert aussi de marché d’armes et d’outil d’alignement politique.

L’opposition israélienne à un retour de la Turquie dans le programme F-35 ne relève pas d’un désaccord technique. Elle vise un Etat membre de l’OTAN que Tel-Aviv traite désormais comme une puissance rivale. Netanyahu a accusé Erdogan d’appeler ouvertement à la destruction d’Israël. De son côté, le président turc multiplie depuis des mois les attaques contre la guerre menée à Gaza. La rupture diplomatique s’est transformée en confrontation stratégique sur plusieurs théâtres, avec la Syrie comme zone de friction permanente.

Israël défend ici moins un « équilibre » régional qu’une hiérarchie militaire dont il entend rester le bénéficiaire exclusif. Ankara, de son côté, cherche à reconstituer rapidement sa flotte de combat, entre F-16, Eurofighter et espoir d'accès aux F-35, en attendant l’entrée en service de son appareil maison, KAAN. Il est permis de s’interroger sur ce dispositif où Washington distribue ou retire des capacités de pointe selon ses priorités du moment, tout en laissant ses alliés régionaux s’enfoncer dans une compétition armée qui nourrit l’instabilité.

Sources :

Qu'avez-vous pensé de cet article ?

🎧

Version audio

Écoutez cet article en audio pour plus d'accessibilité

Inscription réussie !

Connexion réussie, bon retour !

Merci ! Votre soutien à Fréquence Populaire a bien été enregistré.

Succès ! Vérifiez vos emails pour obtenir votre lien magique.

Vos informations de facturation ont bien été mises à jour.

La mise à jour de votre facturation a échoué.